• A Paris, les futurs professeurs ne désarment pas - Le Monde

    Entre deux fenêtres est tendue la banderole qui porte le slogan phare de la mobilisation des instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) : "Enseigner est un métier qui s'apprend". Elle a déjà beaucoup servi à l'IUFM de Paris-Batignolles ; elle servira encore, pour souligner l'opposition au projet de réforme qui modifie en profondeur le cursus des futurs enseignants. Cette réforme, dite de la "masterisation", fixe au master (bac + 5) le niveau exigé pour se présenter aux concours d'enseignement. Elle supprime la deuxième année de formation rémunérée en alternance (entre les classes et l'institut).
    Un engagement présidentiel La lettre de mission de Nicolas Sarkozy à Xavier Darcos, le 5 juillet 2007, indique que "la formation des enseignants devra durer cinq ans et sera reconnue par un master".

    Une réforme plus radicale Annoncé fin mai 2008 par M. Darcos, la "mastérisation" fixe l'acquisition d'un niveau master (bac + 5) comme condition d'inscription aux concours d'enseignant. Elle implique aussi la suppression de l'année de formation en alternance rémunérée après le concours, sous la responsabilité de l'IUFM.

    L'attente des syndicats Les syndicats FSU, UNSA-Education et SGEN-CFDT ont demandé solennellement à M. Darcos, mardi 12 mai, que les lauréats des concours en 2010 bénéficient de la même année de stage rémunéré qu'actuellement. Par ailleurs, des discussions se poursuivent dans le cadre d'un groupe de travail.

    En bas, dans la cour de l'ancienne école normale de jeunes filles, devenue un des deux sites de l'IUFM de Paris, bavardent et plaisantent une quarantaine de personnes. Principalement de jeunes étudiantes, à l'image du recrutement, féminin à plus de 80 %, des enseignants du premier degré. Dans le jargon local, Eva Marie et Juliette Pont sont des "PE1", c'est-à-dire des professeures des écoles en première année de formation. Elles ont passé, début mai, les épreuves écrites d'admissibilité au concours et attendent les résultats pour "le 20 mai à 18 heures". Les épreuves orales sont prévues à partir du 8 juin, mais, avec 158 postes pour environ 1 000 candidats dans l'académie de Paris, rien n'est acquis...

    Pour l'instant, devant la petite foule, elles portent à bout de bras une autre banderole, fraîche du jour : "IUFM occupé, pour une formation de qualité". L'établissement est occupé jour et nuit, depuis le lundi 11 mai. Devant la banderole, deux autres étudiants, une jeune femme et un jeune homme, accordent leurs guitares. Ce sont des "PLC1", des professeurs de lycée ou de collège en première année de formation, qui préparent le capes d'éducation musicale. La scène, filmée, est destinée à être placée sur le blog des grévistes.

    "Ecoutez cette histoire, entonnent les deux étudiants, je vais vous la chanter. C'est la rentrée des classes, la réforme est passée..." Les paroles ne décrivent pas sous un jour positif la réforme voulue par le ministre de l'éducation. Il serait vain d'évoquer à ce sujet l'influence de l'extrême gauche. Les propos sont peu politisés et la contestation porte sur des questions professionnelles de l'enseignement, même si l'analyse de la réforme tourne facilement à la diabolisation.

    la suite ici: http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/13/a-paris-les-futurs-professeurs-ne-desarment-pas_1192468_3224.html 


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