• Appel des conseils centraux de Paris 8 réunis le vendredi 22 janvier 2010



    Une fois de plus, les ministères concernés par la réforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du second degré ont décidé de ne tenir aucun compte de l’avis unanime de la communauté universitaire. Tous les textes rendus publics depuis un mois, du cadrage général de la réforme à la circulaire sur le contenu des épreuves des concours, confirment malheureusement ce que l’on pouvait craindre.

    Malgré le refus inédit par la quasi unanimité (des syndicats à la FCPE ou à la CPU) des membres du CNESER le 21 décembre dernier (seuls l’UNI et le MEDEF approuvant le texte gouvernemental), malgré la dénonciation par tous les syndicats des décisions prises, malgré les condamnations de cette politique par près d’une trentaine de conseils centraux d’université, les ministères entendent poursuivre leur démarche de destruction programmée du contenu disciplinaire et professionnel de la formation des futurs enseignants.

    Les conseils centraux de l’Université Paris 8 réunis en séance commune dénoncent avec la plus grande fermeté les arrêtés et circulaires rendus publics depuis un mois sur cette question, dans la continuité de leurs prises de position précédentes. A l’instar de l’intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche, unanime, ils considèrent que cette réforme est inacceptable et que les décrets doivent être abrogés.

    De fait, il est tout simplement impensable de satisfaire les obligations contradictoires de calendrier (concours en début de M2) et de contenu de la formation telles qu’elles sont édictées par les textes officiels : il n’est pas sérieux de demander aux étudiants la même année de faire des stages, de préparer en quelques mois un master recherche, un mémoire, un oral de concours (voire de plusieurs concours), sans compter une initiation aux relations internationales, à l’administration de l’éducation nationale et bien sûr une réorientation anticipée en cas d’échec au concours. Les conseils centraux de l’université Paris 8 considèrent par ailleurs qu’il est impensable qu’une telle réforme engage, sans rien en dire, la suppression des IUFM et de leur potentiel d’expertise pédagogique, ne dessine aucun cadre national, au risque de très grandes disparités territoriales, ne prévoit aucun dispositif d’aide sociale aux étudiants, renforçant la précarité des étudiants. De ce fait, cette réforme aggrave ainsi encore les dispositions qui avaient suscité la forte mobilisation de l’an dernier et va renforcer les logiques de précarisation de l’emploi. Les Conseils centraux de Paris 8 affirment qu’une telle réforme menace l’Education Nationale dans son fonctionnement et dans ses fondements.

    C’est pourquoi, désireuse de continuer à défendre une formation conciliant les exigences scientifiques et les apports professionnels nécessaires aujourd’hui aux métiers de l’enseignement et de l’éducation, l’assemblée générale des trois conseils réunis ce vendredi 22 janvier décide que l’Université Paris 8 : − ne change rien à son offre de formation en master ; − continuera, sur la base de son attachement à une formation cohérente des futurs enseignants, à proposer aux étudiants de vraies préparations à l’enseignement dans le premier et second degré ; − ne prêtera pas son concours à l’organisation des stages qui, tels qu’annoncés par le ministère, sont inefficaces et dangereux.

    Cette réforme s’inscrit dans un environnement rendu par la LRU fortement concurrentiel. Les conseils centraux de l’UP8 considèrent nécessaire et indispensable que s’affirme une convergence entre les universités, sur le plan national comme académique, sur les propositions énoncées ici, afin que leur point de vue soit enfin pris en compte par le ministère. Ils appellent toutes les universités françaises par l’intermédiaire de leurs conseils centraux à prendre ainsi une position commune.

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