• CNRS : au secours, mon labo a disparu ! par Jade Lindgaard, Mediapart, 26 avril 2009

    Depuis le début de l’année, plusieurs dizaines de personnes travaillant pour des équipes affiliées au CNRS sont brutalement rejetées de l’organisme. Des chercheurs titulaires tombent en plein vide juridique, des budgets sont gelés, et des équipes perdent du jour au lendemain leur existence administrative. Une administratrice se désespère : « On est des cobayes. C’est épouvantable. Comment voulez-vous que les gens aient envie de travailler ! »

    Jusqu’à présent, la direction du CNRS niait les faits. Mais Maurice Gross, directeur des partenariats, confirme à Mediapart que le CNRS a bien amorcé une nouvelle gestion de ses unités mixtes de recherche (UMR), ces laboratoires associés aux universités : « On a cessé d’avoir 11 UMR, suite à un arbitrage de la direction générale. Ce ne sont pas des choix faciles. » La nouveauté, c’est que les critères de désassociation ont changé. Jusqu’à présent, un laboratoire bien évalué restait au CNRS. Désormais, explique Maurice Gross, « on peut être bien évalué et pas associé. Autrefois ce n’était pas comme ça, donc, pour les unités, c’est difficile à comprendre car c’est une culture très ancienne. Mais cette règle n’est plus vraie ».

    Concrètement, « 11 unités ont perdu tout lien avec le CNRS, et 10 autres anciennement UMR se sont vu proposer de devenir des équipes d’accueil conventionnées (EAC), pour la période 2009-2013, précise le directeur des partenariats, A l’inverse, cinq nouvelles UMR sont apparues. Il est faux de parler de désassociations massives au CNRS, ce serait suicidaire ». Le calcul est simple : 11+10-5= 16. Avec la disparition nette de 16 UMR au total, cela fait un peu plus de 5% de perte pour la session de fin 2008.

    Les personnels travaillant dans ces équipes, chercheurs ou administrateurs, ne sont pas licenciés. Ils restent employés par l’organisme de recherche ou leur université de rattachement. Mais privés du soutien du CNRS, ils perdent des crédits budgétaires et des moyens logistiques pour leurs projets.

    « La désUMéRisation, ça n’existe pas »

    L’immense majorité des 1.250 laboratoires du CNRS est associée à une université. Barbare aux oreilles profanes, le sigle UMR est connu de tous les chercheurs. Les unités mixtes constituent en grande part l’architecture de la recherche hexagonale. Tous les quatre ans, l’organisme procède à une vague d’audit de ses équipes de recherche. Fin 2008, environ 250 unités mixtes ont été examinées. Le 12 mars, des délégués de laboratoires venus de la France entière se réunissent à l’institut océanographique à Paris. De Marseille, Metz, Nancy, Strasbourg, Nanterre, Rennes, Créteil..., les récits de « désUMéRisations » fusent et se ressemblent. L’inquiétude est palpable.

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