• Les groupes de travail n’ont pas terminé leurs réunions, la commission Marois – Filâtre n’a pas commencé ses consultations. Mais sur le site du ministère,la réforme est en place.

    Comment dit-on, déjà ? “j’écoute, mais je ne tiens pas compte !

    • La formation (durée non précisée) que les stagiaires recevront est officiellement appelée “formation continue” (et non plus “formation continuée” terme pudique employé dans les groupes de travail). Voilà qui officialise la disparition des IUFM, qui ne sont plus chargés que de la formation initiale.
    • La revalorisation salariale ne s’applique qu’aux débutants. Qu’en penseront les professeurs actuellement titulaires qui espéraient à bon droit une revalorisation salariale ?
    • les stages en responsabilité pourront avoir lieu. Ils auront une longueurmaximale de 108h. Bref, en fonction des besoins on fera appel à des étudiants de master pour assurer les remplacements des titulaires ou plus probablement des stagiaires partant en formation continue. Autrement dit, dans les classes, les professeurs débutants seront remplacés par des étudiants. Qu’en penseront les familles ?
    • il y aura 12 000 bourses “au mérite”. Comment se fera la répartition ? selon quels critères ? Combien chaque université, chaque département recevra-t-il de bourses ? Qui arbitrera la foire d’empoigne au moment de la répartition des bourses au mérite entre universités ?

    Le reste – l’organisation des masters – n’est pas fixé : le ministère de l’éducation nationale s’en moque. Une masterisation sans master, en quelque sorte.

    Ci-dessous, le dernier texte de la Coordination Nationale de la Formation des Enseignants.

    Documents joints

    CNFDE (Word - 28.5 ko)

    Source: http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2609 

  • Un des points de crispation du mouvement universitaire concerne la “mastérisation”. Un mot un peu barbare qui désigne la réforme de la formation des professeurs, de la maternelle à la terminale. Elise Mignot, maître de conférences en anglais à Paris IV, a accepté de me retrouver ce matin pour décrypter les nouvelles modalités de cette formation.

    1 - La réforme du concours, indépendante de la mastérisation. A l’heure actuelle, la préparation du concours de professeur des écoles (CRPE) ou de professeur du secondaire (Capes) se prépare après après la licence (bac +4). “C’est une année très exigeante du point de vue de l’acquisition des connaissances”, selon Elise Mignot. Dans le nouveau concours du Capes, explique-t-elle, la part des connaissances disciplinaires testées sera réduite. Par exemple, en anglais, il n’y aura plus qu’un tiers à un quart des épreuves qui porteront sur l’anglais (littérature des pays anglophones, civilisation, connaissance de la grammaire…). A la place, les étudiants seront testés sur la “didactique”, c’est-à dire la capacité à enseigner, et sur “la connaissance du système éducatif” (qu’est-ce qu’un proviseur, qu’est-ce un CPE, etc.) A l’oral, ajoute-t-elle, il n’y aura plus d’épreuve disciplinaire. “Cela pose un problème particulier pour les langues vivantes ou pour des matières comme la musique car désormais on pourra obtenir son Capes d’anglais sans que personne ne vous ait entendu parler la langue”, souligne la maître de conf’ avant d’ajouter : “Pour nous, ça signifie une baisse du niveau. On n’envisage pas l’enseignant comme quelqu’un qui transmet un savoir mais comme quelqu’un qui vient garder les enfants. C’est choquant pour les enseignants, les enfants et les parents.”

    2 - La mastérisation désigne la création d’un master d’enseignement (bac +5), une filière spécificique dont le débouché est le concours (CRPE ou Capes). Plusieurs cas de figure se posent.

    • L’étudiant reçu au concours. Actuellement, celui qui réussit le concours passe sa cinquième année d’études à mi-temps dans une école, un collège ou un lycée. Pendant l’autre moitié du temps, il complète sa formation pratique à l’IUFM : c’est l’année en alternance. Pour Elise Mignot, c’est une année précieuse pour le futur enseignant puisqu’elle lui permet de prendre contact avec le métier, de préparer ses cours, d’avoir des retours sur son travail… Avec la réforme, cette année en alternance, qui deviendra un master 2, sera modifiée. Les modalités sont encore floues : des stages de deux mois seraient organisés et le reste du temps serait consacré à de la didactique. “Ce qui n’équivaut en rien à la formation actuelle”, selon Elise Mignot. Jusqu’à présent, l’année en alternance était rémunérée, ce qui ne sera plus le cas du master 2. “Une régression sociale” pour Elise Mignot : “Les plus modestes hésiteront à s’engager dans cette formation.” Les étudiants devront également payer leur inscription en master 2. Ils devront en outre valider leur master sinon ils perdront le bénéfice du concours. Une fois le master terminé, l’étudiant obtiendra, comme auparavant, un poste.
    • Si l’étudiant rate son concours mais obtient son master. Il pourra tout de même aller enseigner dans des écoles, collèges ou lycées comme contractuel ou vacataire. Les contrats seront de 200 heures par an ou de 10 mois. Ce type de poste existe déjà, mais selon Elise Mignot, “le but est de les généraliser, avec des enseignants moins bien formés et précaires”. “Ces mesures se feront au détriment de l’école et des enfants. On perd de vue les objectifs de transmisison du savoir et d’accès à la même éducation pour tous. A terme, ce qui est visé, c’est la suppression totale des concours nationaux, le recrutement se faisant au niveau des établissements. Cela implique également une inégalité régionale. C’est la perte d’un socle de connaissances communes qui favorise la cohésion sociale”, ajoute-t-elle.

    3 - Une question de temps. La réforme de la mastérisation devait initialement être appliquée dès la rentrée 2010. Mais jugeant qu’ils n’adhéraient pas au projet présenté et qu’il était impossible dans un temps si court de se réorganiser, des universités ont refusé de rendre au ministère leurs “maquettes”, c’est-à-dire la présentation de l’organisation du diplôme. Finalement, Xavier Darcos, le ministre de l’éducation, a laissé les concours d’enseignement en l’état pour 2010 tout en confirmant la suppression de l’année en alternance et le lien avec un master. Le problème, c’est que le master ne sera pas créé en 2010 puisque les universiatires n’ont pas rendu leurs maquettes. Pour Elise Mignot, “le ‘pseudo-recul’ de Darcos créé encore plus de confusion qu’au départ”.

    RBD ici


  • « Réécriture » du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs ? Notre relecture !

    • Note du Bureau du Collectif pour la Défense de l’Université [1] - 5 avril 2009

    Alors que beaucoup d’observateurs et de nombreux collègues semblent partager l’opinion selon laquelle le ministère de l’enseignement supérieur aurait fait des concessions substantielles, voire reculé, sur les réformes contestées, certains se demanderont peut-être pourquoi le Collectif pour la Défense de l’Université continue de se mobiliser et d’appeler à maintenir la contestation. La raison en est toute simple : le ministère n’a pas cédé sur l’essentiel, contrairement aux affirmations relatives à un prétendu recul.

    La même illusion d’optique est à l’œuvre dans la rédaction du projet de décret sur les enseignants-chercheurs et dans la réforme du recrutement et de la formation des enseignants. L’annonce d’un report de cette dernière réforme constitue un faux recul dès lors qu’il s’accompagne d’une entrée en vigueur de la mastérisation dès l’année prochaine : le projet de mastérisation est donc maintenu dans son principe, malgré les inquiétudes qu’il suscite sur le contenu des masters, aux objectifs difficilement conciliables (préparation aux concours, enseignements disciplinaires, réalisation d’un mémoire de recherche, stages, etc.), et sur la formation professionnelle des futurs enseignants, en l’absence d’une année de stage rémunérée.

    la suite en pdf ici: http://www.sauvonsluniversite.com/IMG/pdf/Note_sur_Decret_EC_Collectif_Defense_Universite_05.04.09.pdf