• Entretien Luc Chatel : "L'éducation nationale doit être un réducteur d'inégalités" - Le Monde

    Nommé ministre de l'éducation en mai 2009, Luc Chatel fait sa première rentrée scolaire mercredi 2 septembre. Dans un entretien au "Monde", le nouveau ministre déclare qu'"en deux ans Xavier Darcos", son prédécesseur, "a engagé des réformes importantes" et qu'il en "poursuivra la mise en œuvre". Il assure que son principal "défi" est "que chacun ait sa chance" : "l'éducation nationale doit être un réducteur d'inégalités".

    Extrait:

     
    La revalorisation des salaires des enseignants sera-t-elle limitée au début de carrière ?
    Elle sera significative, et aura lieu d'abord en début de carrière. Mais ce n'est pas à mes yeux la seule forme de revalorisation du métier. Il faut aussi plus d'accompagnement des enseignants, et davantage de formation continue, non seulement pédagogique mais qui permette d'envisager d'autres perspectives, voire une deuxième carrière. Par ailleurs, rallonger d'une année la formation initiale, comme nous le faisons à travers la "mastérisation", est un signal fort à destination des enseignants.

     
    Cette réforme de la formation des maîtres crée des tensions. Ne faut-il pas la remettre à plat ?
    J'ai travaillé avec Valérie Pécresse pour renouer les fils du dialogue. Nous avons reçu ensemble les syndicats. Nous avons montré que le gouvernement avait un seul et unique avis sur le sujet, et qu'il était désireux d'aboutir. La discussion reste ouverte sur les sujets qui font encore débat : la date des concours, le contenu des maquettes de masters, celui des stages... Ces points seront traités dans les semaines qui viennent.

     
    Des enseignants craignent la privatisation. Votre parcours antérieur, à L'Oréal, à Démocratie libérale n'est-il pas de nature à renforcer leur opinion ?
    Tout démontrera l'inverse. Je demande à être jugé aux actes, et non aux intentions prêtées. Je revendique le caractère national de l'éducation nationale. Je revendique qu'il y ait des programmes nationaux, des orientations nationales, c'est vraiment le gage de l'égalité des chances sur l'ensemble du territoire. Il n'a jamais été et ne sera jamais question de "privatiser" l'éducation.

     
    Des milliers de maîtres du primaire se déclarent "désobéisseurs". Comment comptez-vous enrayer ce phénomène ?
    Le concept même de désobéissance me paraît incompatible avec les valeurs de l'éducation. J'ai du mal à comprendre qu'un maître, qui se fait obéir par ses élèves, revendique la désobéissance publique. Plus généralement, un fonctionnaire met en oeuvre les directives du gouvernement. Nous sommes en République. Si on suivait ces "désobéisseurs", cela aboutirait à une éducation à la carte où chacun fait ce qu'il veut : c'est le contraire de ce que je souhaite, de ce que souhaitent les Français et l'immense majorité des enseignants. Et c'est d'ailleurs un fondement de leur métier : la liberté pédagogique, oui mais dans le cadre d'orientations nationales.

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