• L'Université en crise (3): la formation des profs attaquée - Polixandre /Marianne2

    Par Polixandre, sur Agoravox. Un retour clair, précis et argumenté sur l'université, son fonctionnement et les mouvements qui la traversent aujourd'hui. Dernière partie : la masterisation des concours d'enseignement et ses vicissitudes. 

    Depuis deux mois, l’université est en crise : loi LRU, mastérisation des concours d’enseignement, précarisation des emplois... les causes en sont multiples, et leurs explications techniques. Difficile de s’y retrouver, d’autant plus que les médias ont commencé par présenter ce mouvement comme une revendication corporatiste des enseignants-chercheurs au sujet de leur statut, présentation parcellaire, grossièrement incomplète, et n’évoquant que l’un des motifs du mouvement. En ces temps de crise économique, notre avenir repose sur l’enseignement et l’innovation. Voilà pourquoi il est crucial de comprendre ces réformes, leurs conséquences, et la colère de la communauté universitaire. Cet article est le troisième d’une série dont le début peut être lu ici : «  L’Université en crise (1) : la loi LRU » et là : « L’Université en crise (2) : la disparition des fonctionnaires ».  


    Après avoir examiné les changements structurels liés à la loi LRU, les perspectives de l’emploi dans les universités et les vives inquiétudes que tout cela soulève, je vais maintenant examiner la « mastérisation » des concours de recrutement des enseignants du primaire et du secondaire. Cette réforme n’est pas liée à la loi LRU, mais sa mise en place arrive au même moment, et fait partie des motifs de colère qui s’agglomèrent dans la protestation globale de l’Université. 


    Les concours de recrutement des enseignants : ce que propose la réforme 

    Commençons par décrire le système actuel, de recrutement des enseignants du primaire et du secondaire, qui vit officiellement sa dernière année. Jusqu’à présent, le diplôme de la Licence (bac + 3) donnait accès aux concours d’enseignement primaire et secondaire, notamment CRPE (Professeur des Ecoles) et CAPES (Professeur dans les collèges et les lycées).  


    Dans le cas standard, une année de préparation au concours pouvait être suivie après la licence dans les IUFM, le conduisant ainsi à une quatrième année d’étude, puis, en cas de succès au concours, le lauréat suivait une année de stage à l’IUFM. Précisons que, durant cette année, le lauréat était fonctionnaire stagiaire, et rémunéré à ce titre (autour de 1 400 euros nets mensuels). En résumé, le parcours standard du futur professeur certifié ou professeur des écoles était jusqu’à présent : licence (bac + 3)   


    Une année de préparation du concours à l’IUFM  

    En cas de succès au concours, une année de stage et de formation professionnelle rémunérée à l’IUFM, pendant laquelle le lauréat se retrouve en position d’enseignement 8 heures par semaine. Il est à noter qu’un candidat a le droit de présenter le CAPES sans passer par la deuxième étape, directement après sa licence, gagnant ainsi un an s’il réussit son concours. 


    Selon le cas, l’enseignant a donc derrière lui 4 ou 5 années de formation après le bac (3 ans de licence + 1 année de préparation facultative + 1 année de stage). La réforme s’appuie sur le constat suivant : les 5 années de formation (dans le cas maximum) ne sont pas sanctionnées par à un diplôme de niveau bac+5, et pourtant les lauréats ont bien suivi cinq ans d’étude après le bac.  

    La suite ici: 
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