• La grève continue à la Sorbonne - L'express

    Une douzaine d'universités restent touchées par la contestation contre les réformes Pécresse, commencée quatre mois plus tôt. La Sorbonne est à la pointe du mouvement. La réputation de l'université parisienne, synonyme d'excellence, pourrait pâtir du mouvement. Et ses étudiants avec.

    Elle a l'habitude de se tenir seule face à un amphi bondé, mais sans doute pas d'affronter autant de visages hostiles. Nathalie Duval est professeure agrégée d'histoire à la Sorbonne (Paris IV). Ce 7 mai, dans la plus célèbre université de France, se tient une énième AG qui doit décider de la reconduction de la grève qui a débuté voilà quatorze semaines. Nathalie Duval prend la parole dans l'amphi Richelieu, plein à craquer. "Vous allez droit dans le mur! Vous donnez aux détracteurs de l'université la pire image possible. C'est du suicide!" La salle, pourtant bien tenue par un comité de grève très organisé (temps de parole limité à trois minutes, ­retransmission en direct des débats sur un écran, ordre du jour millimétré), réagit immédiatement: huées, bêlements, pouces tendus vers le bas. "C'est la réputation de la Sorbonne qui est en jeu", tente encore Nathalie Duval, dépitée. Peine perdue. Une heure plus tard, l'assemblée plébiscitera la grève, avec seulement 17 abstentions et 28 voix contre.

    Paris IV est l'une des universités les plus mobilisées, depuis l'Appel de la Sorbonne, en février, dans lequel Georges Molinié, son président, demandait le retrait de tous les projets de réforme. Depuis, ce spécialiste de stylistique est devenu l'une des figures les plus virulentes de la contestation. Alors que le mouvement fluctue partout en France, avec des retournements de situation quotidiens imprévisibles - Montpel lier III, l'une des plus engagées, vient de voter en AG la reprise des cours - Paris IV reste constante. Et fait monter la pression: le 5 mai, les conseils de l'université préco­nisaient la "neutralisation" du semestre si les partiels ne pouvaient être organisés avant juillet. En clair, des étudiants de licence passeraient automatiquement en année supérieure, sans rattraper les cours manqués.

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