• Défilés, blocages, cours « hors-les-murs », et hier (vendredi) place de la Sorbonne, mise en scène du procès public de Nicolas Sarkozy et de ses complices, Xavier Darcos et Valérie Pécresse. « Les très doctes pères de la Sorbonne », enseignants-chercheurs, n'ont pas manqué d'imagination.

    Deux joueurs de trombone, un crieur, la cour, l'avocat général et ses assesseurs, les gardiens des prisonniers et le bourreau ont donné un spectacle d'une heure. « Accusés d'hérésie, de parjure et de blasphème envers l'illustre Université et le Bien public », les trois prisonniers ont comparu « par ordre de taille et d'importance croissante» devant un public réclamant justice. Les «doctes» ont présenté les accusés :

    La suite ici:
    http://www.lemonde.fr/opinions/chronique/2009/03/15/n-sarkozy-x-darcos-v-pecresse-condamnes-par-les_1167864_3232.html 


  • Un vent mauvais souffle sur l’université. Semi-reculs, atermoiements, provocations (lire ici le mensonge de Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée)... le gouvernement joue le pourrissement de la contestation dans les universités et les laboratoires.

    La recherche de formes plus visibles de contestation,susceptibles d’intéresser les médias, se traduit par des opérations délicates à gérer, comme le Printemps des chaises - blocages temporaires des établissements, ou les votes de blocage comme à Rennes.

    La suite ici: http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/03/qualit-de-la-sc.html 


  • Analyse d'Olivier Beaud sur le site électronique de Qualité de la science française

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  • Il vient d'être demandé à la Présidente de la Commission Scientifique des Sciences Sociales  de l'Institut de Recherche pour le Développement (CSS4 de l’IRD), commission dont la mission principale est de recruter et d'évaluer les chercheurs, de faire parvenir, dans la journée (13 mars), des noms à la direction de l’Institut pour la conformation d'un comité de sélection ad hoc. Il s'agit de recruter sur une chaire universités-organismes un économiste/économètre pour une UMR IRD Paris1. Une fois ces noms reçus, la direction contacterait directement les chercheurs concernés.

    La CSS4 n'avait reçu jusqu’alors aucune information concernant cette chaire (laboratoire, profil, etc.) et les procédures de recrutement. Les responsables de l'IRD au sein de cette UMR ont été mis au courant d'une attribution mais pas consultés. Le délai (d’une journée !) ne permettait par ailleurs ni de convoquer, ni même de consulter les membres de la Commission.

    Plus encore, alors qu'enseignants-chercheurs et chercheurs sont mobilisés pour le retrait des réformes, et que les motions des laboratoires de l'IRD en lutte ont explicitement demandé le retrait de la création de ces chaires, qui privent l'IRD de recrutement (un seul demi-poste en sciences sociales cette année!) et ne sont donc pas compatibles avec la poursuite de ses missions de recherche sur le terrain avec les chercheurs et enseignants des pays du Sud,  cette création dans l'urgence et l'opacité apparaît comme une véritable provocation.

    Ces agissements reposent explicitement sur des principes et des lois dont notre direction n’ignore pas qu’ils sont très largement contestés par la communauté scientifique : « Ce dispositif utilise les leviers offerts par la loi relative aux libertés et responsabilités des universités, tels que la création de comités de sélection, la modulation de service des enseignants-chercheurs, ou la possibilité de mener une politique de primes dynamiques. Il prend également en compte le rôle nouveau des organismes de recherche en tant qu’agence de moyens » (note d’orientation du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en date du 9 décembre 2008 sur la création des chaires université-organisme). 

    La Présidente de la Commission Scientifique de Sciences Sociales de l'IRD a appelé les ressortissants de cette Commission à refuser de participer à ce recrutement. Les signataires appuient cette décision. Ils refusent de cautionner les conditions dans lesquelles est créée cette chaire et ne valideront pas ce concours.

    Plus largement, nous lançons un appel à la communauté scientifique pour qu'elle redouble de vigilance et refuse dans sa totalité de cautionner par sa participation des recrutements organisés dans des conditions manifestement illégitimes.

    Signataires : Elisabeth Cunin, Françoise Dureau, Etienne Gérard, Evelyne Mesclier, Anne-Sophie Robilliard, membres élus de la Commission Scientifique des Sciences Sociales de l’IRD.


  •  

     

    Paris, le  jeudi 12 mars 2009     

     

    À Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale

     

     

    Monsieur le Ministre,

     

    Nous nous adressons solennellement à vous en tant que responsables élus et porte-parole de 30 sociétés savantes. Ces sociétés qui nous ont mandés pour vous écrire réunissent notamment une grande partie des universitaires spécialistes des principales matières enseignées dans les établissements dont vous avez la haute responsabilité. Toutes disciplines confondues, toutes tendances politiques confondues, nous voulons attirer votre attention sur les effets pervers de ce projet de réforme de formation des maîtres et des concours de recrutement qu’au mépris de tous les avertissements, vous voulez mettre en œuvre dès l’an prochain.

    En dépit des propos que vous avez tenus le 12 février, dont nous voulons croire qu’ils n’étaient qu’un « dérapage », vous avez absolument besoin d’entendre les préparateurs à « vos » concours et de discuter avec eux pour mettre fin à la crise déjà trop longue qui secoue actuellement nos universités. Si vous craignez les « discussions sibyllines », soyez assuré que nous nous efforcerons d’être clairs.

    Précisons d’abord que les enseignants, les préparateurs que nous représentons ne refusent pas toute réforme par principe. Bien au contraire, nous pensons nécessaire la réforme des concours et nous sommes favorables au principe de leur « mastérisation ». Aujourd’hui déjà la formation des professeurs s’effectue en 5 ans ; il est légitime que cette formation soit sanctionnée par un master. Une réforme plus ample du dispositif peut être envisagée, mais doit reposer sur un accord de la communauté scientifique, respecter les principes démocratiques qui sont les nôtres, et ne pas déboucher sur un affaiblissement du niveau des étudiants, un tarissement de la recherche et une mise en concurrence des universités. De surcroît, comment ne pas craindre, au vu de l’actuel projet, le risque que s’instaure à l’avenir un double régime entre les enseignants qui auront réussi le concours et seront donc « titulaires de plein droit », et ceux qui, n’ayant pas obtenu le concours mais étant néanmoins reçus au master, pourront être recrutés avec un statut différent ?

    Nous réclamons depuis le printemps dernier une véritable concertation sur ce dossier. Des principes et des propositions ont été formulés par nos sociétés auprès de vous-même et de Mme la Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Au lieu du débat constructif que nous espérions, vous avez tenté de nous imposer une réforme précipitée dont toute la communauté scientifique s’accorde à dénoncer les conséquences désastreuses pour l’enseignement et la recherche. Même la Conférence des Présidents d’Universités, dont on connaît la modération, reconnaît que « la question de la mastérisation (…) est aujourd’hui le principal point d’achoppement pour le rétablissement de la sérénité dans les universités. (…) Les présidents estiment toujours que les délais actuels de mise en oeuvre de la réforme sont incompatibles avec un travail de qualité et que le mieux serait de reporter d’un an l’organisation du nouveau concours. »

    A notre tour, Monsieur le Ministre, nous vous lançons un appel solennel pour que vous débloquiez la situation, et que s’ouvre enfin la négociation que nous demandons. Voici sur quelles bases nous sommes prêts à collaborer et à préparer des « maquettes ».

     

    1. En finir avec la précipitation

    Vous devez maintenir en l’état pour 2010 tous les concours de recrutement de l’enseignement primaire et secondaire. En effet, le report de la réforme est désormais la seule solution permettant une remise à plat du dossier et une véritable concertation (quant au contenu du concours, dans un premier temps, puis quant à l'organisation des futurs masters dans un second temps). Aujourd’hui, la première étape du processus est loin d’être accomplie : sur les épreuves et les programmes des nouveaux concours, on en est encore au stade de « documents de travail » officieux, dont on ne sait au juste par qui et comment ils ont été élaborés, et qui ne tiennent aucun compte de nos demandes. Ils ne nous permettent pas d’élaborer des « maquettes » précises conformes à la vision que nous avons de notre mission.

     

    2. Associer la communauté scientifique au débat

    En tant que responsables élus des sociétés savantes, représentatives de la communauté scientifique dans toutes les disciplines du savoir, nous demandons à être partie prenante de véritables négociations. En raison de notre légitimité scientifique, de notre expérience pédagogique et de notre représentativité dans le monde universitaire, il est nécessaire que nous soyons des interlocuteurs à part entière, que nous soyons informés du calendrier, des étapes et des acteurs de la réforme, que nous participions en tant que spécialistes aux commissions qui auront à prendre les décisions.

    Nous souhaitons aussi rencontrer conjointement des interlocuteurs des deux ministères dans les réunions, afin de n’être pas ballottés de l’un à l’autre.


    3. Maintenir de vrais concours pluridisciplinaires débouchant sur la titularisation

    Nous demandons des concours nationaux, qui fondent la sélection des candidats sur leurs connaissances disciplinaires, évaluées par des spécialistes universitaires et des enseignants des disciplines concernées. L’allongement de la phase de préparation du concours doit être l’occasion d’un renforcement des exigences disciplinaires et non de leur affaiblissement ou d’une restriction du champ des matières étudiées.

    Une épreuve de « connaissance du système éducatif », portant sur un contenu purement administratif, initiation aux arcanes de la bureaucratie du Ministère de l’Education Nationale, ne nous paraît pas nécessaire.

    La formation proprement pédagogique doit intervenir en aval, dans une année de stage pratique en alternance, dont on ne saurait faire l’économie.

    Il faut aussi écarter explicitement le spectre d'un concours de recrutement établissant des listes d'aptitude, donc ne garantissant pas le recrutement et la titularisation en tant que fonctionnaires des candidats reçus au concours.

     

    4. Maintenir l’année de stage pratique rémunéré

    La pédagogie ne s’apprend ni dans les livres, ni en restant « en observation » au fond de la classe… Nous exigeons le maintien de l'année de stage rémunéré, permettant au professeur stagiaire encadré par un tuteur de prendre 8 heures par semaine la responsabilité d’une classe, tout en suivant l'indispensable formation d'accompagnement. C’est au cours de ce stage que pourra être approfondie et vérifiée si besoin la « connaissance du système éducatif ». C’est à l’issue de ce stage que seront titularisés les professeurs ayant fait la preuve de leur aptitude à l’enseignement.

    La suppression du stage rémunéré pose en outre un grave problème social : en retardant d’un an le recrutement, la réforme annoncée pénalise les étudiants dont les moyens financiers sont fragiles ; elle aboutit à une sélection sociale des candidats ; elle entraînera aussi la baisse du nombre de candidats, et partant la baisse du niveau de recrutement.

     

    5. Ne pas dissocier les « maquettes » des nouveaux masters et les concours

    Selon les promoteurs de la réforme, les épreuves des concours ne sauraient influer sur les programmes des masters : ce seraient les masters, indépendants et complémentaires des concours, qui garantiraient la compétence disciplinaire des candidats. Nous récusons cette vision irréaliste, qui vide les concours de leur substance, comme s’il s’agissait, à terme, de les faire disparaître purement et simplement. Il nous paraît inacceptable et dangereux de séparer ainsi la délivrance d'un master qui atteste d'une compétence, et la question du recrutement. Au contraire, c’est sur la base de concours nationaux, aux exigences disciplinaires larges et clairement établies (par un programme spécifique plus exigeant que celui du baccalauréat ou de la licence), que pourra être rédigé le cahier des charges précis qui permettra ensuite à chaque université de préparer les « maquettes » du master enseignement, et au ministère de les valider. Il est indispensable d'articuler (et non de dissocier) la réflexion sur le contenu du concours (nombre d’épreuves, nature et programmes de celles-ci) et la réflexion portant sur le contenu des masters d'enseignement. C’est là la seule garantie du niveau national des compétences requises. Par ailleurs, comment concevoir, pour les mêmes étudiants, la maquette d’un master, sans être fixé sur le contenu précis du concours qu’ils prépareront ?

     

    6. Articuler les différents masters d'une discipline

    Un étudiant ne saurait préparer un concours exigeant à visée généraliste, et se consacrer dans le même temps à des stages de pratique pédagogique. Qui trop embrasse mal étreint. Un master défini comme un « parcours professionnalisant » vers les métiers de l’enseignement ne saurait en même temps « préparer les étudiants au doctorat ». Les étudiants devront-ils choisir dès la fin de leur licence, entre des cursus exclusifs les uns des autres, dirigés l'un vers la recherche, l'autre vers l'agrégation, et le troisième vers le CAPES ? Beaucoup de candidats à l'agrégation préparent en même temps et par sécurité le CAPES. Les moyens doivent être trouvés de maintenir cette possibilité, sous peine de voir s'effondrer le nombre de candidats au concours le plus difficile et aussi le nombre de futurs doctorants, donc de futurs chercheurs. De nombreux établissements ne pourront pas ouvrir deux ou trois masters dans un même domaine, le projet actuel aurait ainsi pour effet pervers que la plupart des universités se verraient rapidement privées de master recherche. Les répercussions se feraient sentir dès la licence, avec la fermeture induite de nombreuses filières en dehors des grands centres.

    Il est indispensable, pour l’avenir de la recherche et de chaque université, d’offrir aux meilleurs étudiants, aux futurs enseignants-chercheurs, l’occasion de s’initier réellement à une recherche approfondie sans pour autant se couper de la profession enseignante. Dans cette perspective, le statut du « master recherche » préalable à l’agrégation reste à préciser. De nombreux agrégés visant le doctorat préparaient d’autre part un M2 recherche après la réussite au concours. Quelle formation sera appropriée pour ce type de projet avec la nouvelle donne?

    La question des passerelles entre enseignement et recherche reste donc à repenser, de même que celle de l’itinéraire pédagogique entre l’obtention de la licence et la préparation de l’agrégation.

     

    Il faut, Monsieur le Ministre, pour dissiper nos craintes légitimes et celles de nos étudiants, retirer le projet actuel, réaffirmer que le succès au concours donne accès à une titularisation et non à une liste d'aptitude, rétablir l'année de stage pratique en alternance rémunéré et pris en compte dans la carrière, et enfin décréter un moratoire d'une année afin de laisser à une commission représentative le temps de décider du contenu scientifique des concours, de la nature des épreuves disciplinaires, des conditions de préparation et des moyens matériels et humains qui soient à la hauteur des ambitions légitimes en matière d'enseignement et de recherche proclamées publiquement par vous-même et par les plus hautes autorités de l'Etat.

     

    Dans l’attente d'une réponse de votre part, nous vous assurons, Monsieur le Ministre, de notre dévouement au service public de l’Education.

     

     

    Premières sociétés signataires

     

    Association des Etudes grecques

    Association Française d'Etudes Américaines

    Association Française de Mécanique

    Association Guillaume Budé

    Association des Germanistes de l’Enseignement Supérieur

    Association des Historiens Contemporanéistes de l’Enseignement Supérieur

    Association des Historiens Modernistes des Universités françaises

    Association des Professeurs d’Archéologie et d’Histoire de l’Art de l’Université

    Association des Professeurs de Langues Anciennes de l’Enseignement Supérieur

    Association des Professeurs de Mathématiques de l’Enseignement Public

    Association des Professeurs de Musique et Musicologie de l’Enseignement Supérieur

    Association des Sciences du Langage

    Commission Française pour l'Enseignement des Mathématiques

    Femmes et Mathématiques

    Société des Anglicistes de l'Enseignement Supérieur

    Société d’Étude du Dix-septième Siècle

    Société d’Étude de la Littérature Française du XXe siècle

    Société des Etudes Latines

    Société d’Etudes médio et néo-latines

    Société des Études Romantiques et Dix-neuviémistes

    Société des Hispanistes Français

    Société Française d’Étude du Dix-huitième Siècle

    Société Française d’Étude du Seizième Siècle

    Société Française d’Histoire du Sport

    Société Française de Littérature Générale et Comparée

    Société Française de Physique

    Société Française de Statistique

    Société Francophone de Biologie Théorique

    Société des Historiens Médiévistes de l’Enseignement Supérieur Public

    Société des Italianistes de l'Enseignement Supérieur

    Société de Langue et Littérature Médiévales d’Oc et d’Oïl

    Société Mathématique de France

    Société des Personnels Enseignants et Chercheurs en Informatique de France

    Société des Professeurs d'Histoire Ancienne des Universités

    Union des Professeurs de Physique et de Chimie