• La réforme de la formation des enseignants reportée d'un an, d'après les syndicats - AFP

    Après de nouvelles concessions du gouvernement sur le recrutement des enseignants en 2010, les syndicats réévaluent le bilan de leur action, estimant avoir quasiment obtenu le report d'un an d'une réforme de la formation des professeurs initialement prévue pour la rentrée prochaine.

    Mercredi, le ministère de l'Education, lors d'une réunion de travail, a annoncé aux syndicats que les étudiants reçus aux concours de la session 2010 seraient nommés "fonctionnaires stagiaires", dès la rentrée 2010, sous réserve que ceux inscrits en master 1 aient validé leur première année.

    Cela implique qu'ils seront rémunérés et qu'ils cotiseront pour leur retraite.

    Le ministère prévoyait initialement qu'ils fassent et obtiennent une année de master 2 avant d'être nommés fonctionnaires stagiaires.

    Seul bémol: le service d'un fonctionnaire stagiaire sera de deux tiers devant classe et un tiers en formation (contre respectivement 40%/60% aujourd'hui), ce qui fait déplorer aux syndicats un déficit en terme de formation.

    Il n'empêche que cet aménagement, qui répond à une demande des syndicats et de la Conférence des présidents d'université, s'ajoute à d'autres concessions dans la mise en application de cette réforme.

    En mars, sous la pression du mouvement universitaire, le gouvernement avait en effet annoncé que cette réforme serait finalement étalée sur "deux ans" avec une année transitoire en 2009-2010, puis annoncé pour 2009-2010 le maintien du contenu des concours dans leur état actuel, puis le maintien des inscriptions en Instituts de formation des maîtres (IUFM) comme cette année.

    Le schéma initial de la réforme prévoyait que les futurs enseignants soient recrutés à partir de 2010 au niveau "master 2" (bac +5) et qu'ils soient formés dans les universités via des masters, et non plus dans les IUFM.

    "Les évolutions du gouvernement, sous la pression de la mobilisation, commencent à ressembler à un report d'un an de la réforme qui ne dit pas son nom", a affirmé le président de l'Unef, premier syndicat étudiant Jean-Baptiste Prévost.

    "Le ministère ne veut pas utiliser le mot +recul+, mais on a reporté d'un an la réforme", a estimé Christian Chevalier, secrétaire national au SE-Unsa.

    "Pour un étudiant, l'an prochain, il n'y aura presque pas de différences avec aujourd'hui. On a fait une bonne partie du chemin", a affirmé Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, tandis que son homologue du Sgen-CFDT disait être "presque arrivé à un report".

    Ils attribuent ces "reculs" à la "mobilisation dans les universités". Car ce sujet est l'un des motifs de fronde, surtout dans les filières de sciences humaines, avec celui du statut des enseignants chercheurs et l'emploi où le gouvernement a aussi lâché du lest.

    Désormais, tous demandent, tel l'Unef, "une communication claire du ministre de l'Education afin de sortir de la confusion" qui règne sur ce dossier.

    "Cela rassurerait les étudiants", a estimé M. Chevalier.

    Pour le Sgen-CFDT, la question de l'année transitoire de cette réforme n'est "plus un sujet aujourd'hui qui justifie la poursuite du blocage des universités".

    Tous entendent cependant peser, via les groupes de travail, sur le dispositif final de la réforme, mis en place pour la session 2011.

    Petite ouverture: selon deux syndicats, les fonctionnaires stagiaires, titularisés en 2011, pourraient à nouveau bénéficier d'un temps de formation sur leur service.

    En décembre, sous la pression des manifestations lycéennes, le ministre de l'Education Xavier Darcos avait dû reculer en reportant d'un an la réforme du lycée, prévue s'appliquer pour la seconde à la rentrée 2009.


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