• La Sorbonne, bastion de la contestation, tient bon - Libération

    Vendredi, la grève a été reconduite dans la vénérable fac.

    Il est 13 heures vendredi rue de la Sorbonne, et deux gendarmes affamés sont descendus de leur car pour acheter un sandwich grec. Devant chacune des entrées de la plus ancienne université de France, un gendarme ou un CRS se tient en faction. Pour pénétrer, il faut montrer sa carte d’étudiant, d’enseignant, etc. Le journaliste doit s’annoncer à l’avance. Et figurer sur une liste. On franchit alors un premier rang de vigiles, en uniforme bleu. Puis un autre, en noir, des privés embauchés par le rectorat après le début du mouvement avec le nom de leur société écrit en gros dans le dos: «Centaure».

    AG en série. La Sorbonne ressemble ces temps-ci à une forteresse assiégée. Et pour cause : elle est un des hauts lieux de la contestation. Des télés étrangères viennent même y filmer en rappelant mai 68… Elle abrite en effet deux des universités les plus mobilisées, Paris-I en partie (les premières années sont sur un autre site, à Tolbiac) et surtout Paris-IV, l’une des principales universités de lettres et sciences humaines (23 000 étudiants). Malgré le reflux annoncé un peu partout par le gouvernement, la Sorbonne ne montre guère de signe d’essoufflement. Les AG se succèdent dans les amphis ou, pour les enseignants, dans les locaux des UFR (les départements). Les salles de cours restent généralement fermées car le personnel Biatoss (administratifs, bibliothécaires, etc.) est aussi en grève. Parfois la présidence en fait ouvrir une. Mais les étudiants, avec leurs brassards du comité de grève, font aussitôt «le printemps des chaises» - ils les empilent pour interdire l’entrée. Les autres sites de Paris-IV dans la capitale sont la plupart du temps bloqués. Comme un peu partout, seuls les étudiants préparant le capes ou l’agrégation ont continué à avoir cours.

    Amphi plein. Vendredi, l’amphi Richelieu accueillait une AG commune étudiants-personnels de Paris-I et Paris-IV. A une écrasante majorité, la grève a été reconduite : sur les quelque 5à 600 présents - l’amphi était plein -, seuls 24 ont voté contre et 15 se sont abstenus. Une motion a aussi été adoptée, spécifiant qu’il n’y ait aucun examen ni contrôle d’ici le prochain conseil d’administration du 5 juin, seule instance à pouvoir décider en la matière.

    Vatican. A la Sorbonne, on ne compte plus les AG. L’affluence est inégale mais elle reste fournie. Le rituel est bien rodé. Les orateurs - militants de l’Ageps (le syndicat étudiant de la Sorbonne, à gauche), de Sud et plus rarement de l’Unef, membres parfois du NPA (le Nouveau Parti anticapitaliste désigné par le gouvernement comme le grand manipulateur), mais aussi des non syndiqués et des indépendants - respectent leurs trois minutes de parole, histoire de ne pas lasser. Preuve, s’il en était besoin, que la contestation a pris une dimension politique, les sujets à l’ordre du jour, projetés par ordinateur sur le mur, dépassent les questions universitaires.

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