• Le chemin de l’école - France Info

    Menaces sur les examens, la fac en danger

    EMMANUEL DAVIDENKOFF - 08:50

    Pour la première fois depuis 1968, les examens de fin d’année pourraient ne pas avoir lieu dans toutes les universités. C’est en tout cas la menace que font planer un certain nombre d’enseignants et d’étudiants engagés dans la contestation des réformes Pécresse et Darcos…

     

    4Ecouter la chronique Education du 6 mai  (1'51")
     


    Une menace minoritaire mais hautement symbolique. Minoritaire car elle concerne de manière sérieuse une dizaine d’universités sur les 79 que compte le pays, notamment Aix-Marseille-I, Bordeaux-III, Paris-IV Sorbonne et Toulouse-II Le Mirail. Au total 300.000 étudiants sur deux millions seraient concernés selon la Confédération étudiante, une estimation qui semble très élevée car sur le terrain la situation est plus hétérogène voire plus confuse.
    Minoritaire ou pas, la menace n’a rien de symbolique pour les étudiants concernés…
    Même si on peut faire l’hypothèse que certains examens pourraient être reprogrammés en septembre - comme en 1968. Mais effectivement ce serait un fait totalement inédit dans l’histoire sociale de l’université.
    A qui profite cet engrenage ?
    Eh bien pas à grand-monde et c’est pour cela qu’on devrait tout de même en sortir. Les enseignants-chercheurs hésiteront jusqu’au dernier instant avant de pénaliser aussi gravement leurs étudiants. Des étudiants qui, majoritairement, ont de plus en plus le sentiment de faire les frais d’une contestation qui, pour l’essentiel, ne les concerne pas directement – pendant ce temps on ne parle pas des dossiers qui les intéressent vraiment comme la réussite en licence ou les aides sociales. Le gouvernement et l’Elysée voient sombrer une réforme promise et mise en œuvre il y a deux ans, juste après l’élection de Nicolas Sarkozy. Quant aux syndicats enseignants, eh bien l’enlisement et la radicalisation signifient qu’ils ont bien du mal à gagner un rapport de forces..
    Mais la grande perdante, c’est surtout l’université. Son attractivité diminue…
    Les futurs bacheliers les plus confiants dans leurs possibilités ont tendance à privilégier les filières sélectives, quitte à rejoindre la fac en fin de licence ou en master. Cela se confirme avec une baisse des intentions d’inscriptions qui peut atteindre 50% dans certaines formations. A long terme c’est peut-être la conséquence la plus grave de ce mouvement, apporter la preuve que les familles préfèrent des voies sélectives voire payantes mais qui accompagnent les élèves ; plutôt qu’une voie non sélective et gratuite, mais qui n’accompagne pas, qui ne rassure pas assez les étudiants en tout cas en premier cycle. Si elle s’aggrave cette crise de confiance pourrait sonner le glas du modèle français d’une université de masse et de qualité. 

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