NON. BERTRAND MONTHUBERT, secrétaire national du PS à l'enseignement supérieur et à la recherche.

Les situations diffèrent selon chaque université. De vastes tentatives se mettent en place pour que les étudiants puissent passer leurs examens en juin, ou même en septembre. D'ailleurs, les cours ont déjà repris dans de nombreux endroits, mais la mobilisation continue. Elle se traduit notamment par la démission des responsabilités administratives. Pour autant, on ne peut pas reprocher aux étudiants, enseignants-chercheurs et au personnel administratif de se mobiliser contre des réformes qui suscitent tant de réprobation. La responsabilité revient au gouvernement, qui doit trouver une solution pour sortir par le haut de la situation à laquelle est confronté notre système éducatif. Cela n'est pas une utopie, une forte convergence se dégageant déjà sur l'essentiel des thèmes parmi les principaux acteurs.

 

OUI. JEAN-ROBERT PITTE, ancien président de l'université Paris IV- Sorbonne et membre de l'Institut.

La grève qui sévit dans certaines universités depuis plus de dix semaines a anéanti le second semestre, et il y a peu de chances de rattraper cela. Alors, faut-il donner les examens ou les alléger ? Impensable. Cela serait contraire à toute éthique. Valérie Pécresse n'a d'ailleurs laissé aucune alternative. Elle a en effet exclu la possibilité d'accorder des diplômes «au rabais» sans rattrapage préalable des enseignements manqués. L'unique solution serait donc de reprendre les cours immédiatement, de les prolonger jusqu'au 14 juillet, et de faire passer les examens en septembre. Aucune session de rattrapage ne serait alors envisagée. Dans tous les cas, les étudiants qui n'ont pas souhaité cette situation seront pénalisés. Néanmoins, on peut souligner que la contestation antigrève a été très mesurée...  



Source :http://www.challenges.fr/magazine/evenement/0168-020136/lannee_universitaire_estelle_gachee_.html