• LE PRÉSIDENT DU CONSEIL SCIENTIFIQUE DU CNRS RÉAGIT AU DISCOURS DE VALÉRIE PÉCRESSE - Sciences²

    Gilles Boetsch, le président du conseil scientifique du Cnrs, réagit au discours que Valérie Pécresse a tenu lundi, devant ses membres. Je viens de l'avoir au téléphone (au vol, il était dans un aéroport en partance pour l'Afrique), voici quelques extraits de ses propos, brut de décoffrage, ils me semblent mériter l'attention.

    "le discours contient des éléments qui nous conviennent puisqu'ils répondent à des demandes fortes que nous avons faites depuis plusieurs mois. Comme l'abandon des suppressions de postes de chercheurs et d'ITA pour 2010. Que les UMR restent au centre des relations entre le Cnrs et les Universités. Que la ministre s'engage à ce qu'il n'y a pas de "désumérisation" massive (le cnrs se retirant de nombreuses UMR) - comme on pouvait le craindre à certains signes.

     Concernant la réorganisation en Instituts, nous avions demandé qu'ils aient la même nature, comme instituts du Cnrs, nous l'avons obtenu. De même que l'assurance que le président du Cnrs nommera leur directeur et distribuera les budgets. Sur les budgets, la ministre nous a promis une augmentation substantielle. Pour les emplois, on ne parle plus d'une diminution régulière des postes de chercheurs à temps plein, ce qui aurait été catastrophique et les chaires mixtes Cnrs/Université - donc nous contestons le principe, préférant des délégations au cnrs pour les universitaires - ne devraient pas être mise en place au prix d'une diminution des postes Cnrs.

    Autre évolution positive, la montée à 35%, puis à 50% du programme blanc dans le budget de l'ANR et une augmentation du préciput au bénéfice des laboratoires. Ces évolutions me semblent indiquer que la crainte d'un démantèlement du Cnrs s'éloigne, une page est en train de se tourner qui va permettre aux chercheurs de travailler plus sereinement. Elles proviennent manifestement de deux origines. Les vives contestations qui se sont exprimées depuis plusieurs mois et dont le gouvernement a bien dû tenir compte. Mais je suppose qu'il y a aussi une prise de conscience de ce que certaines décisions mettaient en cause la capacité de la recherche publique à progresser, que le Cnrs était un outil décisif,  en bref que certaines des idées suivies par le gouvernement étaient mauvaises. L'exemple de l'évolution du pourcentage du programme blanc à l'ANR, de moins de 10% dans le premier budget, témoigne d'une prise de conscience que les scientifiques ont accélérée par leurs actions. Nous nous sommes battus pied à pied, avec un certain succès.

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