• Le savant calcul du ministère - Libération

    Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, serait-elle lectrice de Machiavel ? «Une lectrice qui n’y aurait retenu que l’art du conflit pour le conflit, loin du Machiavel républicain» ironise l’italianiste Jean-Louis Fournel (Sauvons l’université, SLU).

    Les réactions du gouvernement, lorsque les universités se sont mises en action début février, ont pu passer pour de la maladresse. Elles revêtent, a posteriori, une tout autre allure. Celle d’un calcul machiavélique, une politique du pire, misant sur un conflit long, dur, mettant en péril formations, examens et diplômes, afin de mettre les universitaires «à genoux», dixit Isabelle This, présidente de Sauvons la recherche (SLR), professeur à Paris-XIII.

    Cette accusation virulente, ce procès en responsabilité répond aux attaques non moins violentes de Valérie Pécresse et Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale. Ce dernier n’a pas hésité, hier matin sur RTL, à réduire le mouvement de contestation à «quelques dizaines d’individus». Au-delà de la polémique entre adversaires, ce procès en responsabilité repose sur la chronologie des faits… et rencontre un écho même chez des acteurs plus modérés, la Conférence des présidents d’université, le syndicat Autonomesup ou Qualité de la science française.

    Hautaine. La chronologie, d’abord. Qui a annoncé «la crise» ? La Conférence des présidents d’université. Dans un texte du 5 janvier, adressé à Nicolas Sarkozy. Le gouvernement a négligé cet appel au secours. Pis, le président de la République s’est lancé, le 22 janvier, dans un discours violent qui a fait frémir jusqu’aux plus favorables à ses réformes. Puis, lorsque l’action a démarré - la grève fut lancée le 2 février -, Valérie Pécresse a très vite affiché une posture rigide et hautaine.

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