• Lors du CNESER du 20 avril dernier, interpellé par le SNESUP, le directeur général des enseignements supérieurs, Patrick Hetzel, avait été contraint d’avouer l’intention du ministère d’évaluer les maquettes de master "enseignement" de l’enseignement privé en dépit de l’opposition de la communauté universitaire au projet de réforme de la formation des maîtres, et contre l’avis formel de l’AERES. Devant la mobilisation quasi unanime de l’enseignement supérieur, le gouvernement déclarait alors qu’il renonçait à sa tentative de passer en force.

    Pourtant, le 11 juin, le Ministère de l’Education nationale a présenté au Conseil Supérieur de l’Education un projet de décret qui transpose les récentes modifications des décrets statutaires des professeurs des écoles à l’enseignement privé. Comme pour les mesures concernant les enseignants du public, l’inscription de ces projets à l’ordre du jour du CSE anticipait donc sur l’aboutissement des travaux en cours, sans que ces dispositions aient jamais été abordées dans les "groupes de travail". Les organisations présentes à cette réunion du CSE (FSU, Unsa-Education, FCPE, Ligue de l’enseignement, UNL) s’y sont aussitôt opposées et ont quitté la séance devant le refus de l’administration de retirer ce point de l’ordre du jour.

    Le 19 juin dernier, par la voix du secrétaire général de l’enseignement catholique, les instituts catholiques – qui demandent des moyens financiers importants à l’État – annoncent être en mesure, dès septembre 2009, de proposer et de délivrer sept masters "métiers de l’éducation et de la formation" adaptés à leurs propres modalités de formation et de recrutement par le biais de jurys rectoraux. En conférant au recteur, chancelier des universités, cette responsabilité, le gouvernement s’assoit sur les garanties de qualité des diplômes qu’apporte l’obligation faite aux établissements privés de passer convention avec une université publique pour délivrer leurs diplômes. La procédure du jury rectoral et la connivence des autorités religieuses sont utilisées par le pouvoir comme un artifice pour contourner la résistance forte et raisonnée que la communauté universitaire oppose à une réforme de la formation des maîtres bâclée et dangereuse pour l’avenir du pays, et imposer ainsi ses projets de "mastérisation" en donnant un avantage l’enseignement catholique.

    Le SNESUP condamne fermement cette opération de mise en concurrence des diplômes et la prime octroyée à l’enseignement catholique par le gouvernement au mépris des principes fondamentaux de la laïcité républicaine.

    Paris, le 22 juin 2009

  • Sauvons les concours de recrutement des enseignants !
    Nous, membres de différents jurys de CAPES et d'Agrégation de la  session 2009, tenons à exprimer solennellement notre consternation  devant la façon dont est géré le dossier de la réforme du CAPES et  notre opposition aux mesures préconisées pour les «nouveaux» CAPES.  
    C'est à partir de notre expérience de membres de ces jurys, constitués  d'enseignants du secondaire, des classes préparatoires, des  universités, des IUFM et de membres des corps d'inspection que nous  considérons que ces mesures, si elles étaient appliquées,  
    entraîneraient une très grave dégradation de la formation et du  recrutement des enseignants et, à terme, une remise en cause des  concours nationaux et une précarisation des personnels enseignants.
     
    Ces mesures conduisent en effet à un affaiblissement inacceptable des  contenus disciplinaires des concours sous couvert de « professionnalisation », alors même que l'année de stage de formation  en alternance rémunérée existant actuellement est supprimée dans le  projet ministériel. Et les « stages » prévus pendant les deux années  des « masters enseignement » ne sont nullement à même de compenser les  effets néfastes de cette suppression - ou de sa réduction à une  décharge symbolique lors de la première année d'exercice.
     
    La précipitation qui a caractérisé la gestion de ce dossier, les  incessants bricolages qui se succèdent depuis l'annonce de la réforme,  les tergiversations, les annonces sans suite, les « mesures  transitoires », les incertitudes maintenues sur les modalités des  épreuves et les programmes du concours, ont créé un tel climat de  confusion et de chaos qu'il est urgent et impérieux de reprendre  totalement le dossier pour qu'émerge un projet intellectuellement et  professionnellement cohérent.
     
    Dans cette perspective, nous prenons acte de l'annonce du ministre  concernant le maintien en l'état pour 2010 du CAPES actuel que nous  entendons comme le maintien de l'intégralité de ses modalités  actuelles, y compris pour les dates du concours et les conditions  
    d'inscription. Cependant, comme l'ensemble des collègues engagés dans la mobilisation contre les réformes actuelles, nous pensons que toute  refonte des concours doit être arrêtée à l'issue d'une large  concertation et de véritables négociations avec tous les acteurs de la  
    formation des enseignants. Celles-ci supposent un retrait des projets  actuels, un réexamen complet du dossier de la formation et du  recrutement des enseignants et l'abandon de toute « mesure transitoire  » et de toute mise en place progressive de la «mastérisation».
    Nous ne sommes évidemment pas hostiles par principe à toute refonte  des concours ni à l'ambition affichée d'élévation du niveau de  recrutement des enseignants. C'est dans cette optique que nous tenons  à rappeler quelques principes qui sont, selon nous, essentiels pour  toute réforme à venir des CAPES : - le recrutement de tous les  enseignants doit se faire par concours nationaux avec un programme  national, des épreuves nationales et un jury national unique pour  l'admissibilité et l'admission pour toutes les épreuves, associant,comme c'est le cas actuellement, des enseignants des universités, du  second degré, des classes préparatoires et des membres des corps  d'inspection ;? les lauréats doivent avoir le statut de fonctionnaires stagiaires  (de la fonction publique d'État) et pour assurer une véritable  
    formation pédagogique et professionnelle l'année de stage rémunérée de formation en alternance avec un service significativement réduit doit  être maintenue ; l'évaluation du niveau de maîtrise des disciplines doit rester le  fondement du recrutement. En conséquence les épreuves, écrites et  orales, doivent être disciplinaires et les jurys doivent être composés  
    de spécialistes de la discipline ; un lien thématique, quand il existe, doit être maintenu entre les  programmes du CAPES et ceux des agrégations afin d'éviter notamment  
    que la préparation à l'agrégation ne soit réservée qu'à un petit  nombre «d'établissements d'élite».
     
    En tant que membres de jurys de CAPES et d'Agrégation, soucieux de  l'intérêt des candidats, des futurs enseignants et des élèves, notre  responsabilité est en tout premier lieu d'assurer, dans les meilleures  conditions d'équité possibles, un concours d'un niveau scientifique  
    élevé, fondement de la légitimité scientifique et professionnelle des  lauréats et de la qualité du service public d'enseignement. Mais il  est également de notre responsabilité de ne pas nous taire devant ce  que nous considérons comme un gâchis et un désordre qui ne peuvent à  terme qu'entraîner une dégradation du niveau de recrutement des  enseignants et donc de l'enseignement de nos disciplines.
     
    Motion votée  : par la majorité des membres du jury du CAPES externe  d'allemand, soixante-cinq membres du jury du CAPES externe d'anglais,  la majorité du jury de l'agrégation externe d'anglais, l'unanimité,  moins une abstention, du jury du CAPES externe d'arabe, la majorité du  jury de l'agrégation externe d'arabe, l'unanimité, moins deux  
    abstentions, des membres du jury du CAPES externe de breton,  l'unanimité, moins deux abstentions, du jury du CAPES externe  d'espagnol, la majorité des membres du jury du CAPES externe  d'Histoire et de Géographie, la majorité des membres du jury de  
    l'agrégation externe d'Histoire, l'unanimité, moins deux abstentions,  des membres du jury du CAPES externe d'italien, la majorité du jury du  CAPES interne d'italien, la majorité du jury du CAPES externe de  Lettres Classiques, la majorité du jury de l'agrégation externe de  
    Lettres Classiques, la majorité des membres du jury du CAPES externe  de Lettres Modernes, vingt-neuf membres du jury de l'agrégation  externe de Lettres Modernes (dont la commission de littérature  comparée, à l'unanimité) la majorité de la commission d'ancien  
    français du jury d'agrégation externe de Lettres Modernes, la majorité  du jury de l'agrégation interne de Mathématiques ;Avec le soutien de l'Association des Études Grecques (AEG), la Société  des Professeurs d'Histoire Ancienne des Universités (SOPHAU), la  
    Société des Historiens Médiévistes de l'Enseignement Supérieur Public  (SHMESP), l'Association des Historiens contemporanéistes de  l'Enseignement supérieur et de la Recherche (AHCESR), l'Association  des Professeurs d'Histoire-Géographie (APHG), l'Association des  Professeurs de Langues en IUT (APLIUT), l'Association des Professeurs  
    de Langues Anciennes de l'Enseignement Supérieur (APLAES), la  Coordination Nationale des Associations Régionales d'Enseignants de  Langues Anciennes (CNARELA), la Société des Hispanistes Français  (SHF), la Société des Italianistes de l'Enseignement Supérieur (SIES),  
    la Société des Langues Néo-Latines, du vice-président du CAPES externe  de chinois, du président du jury de l'agrégation externe de japonais.
     

  • 11e Coordination nationale des universités
    Paris 13 – Villetaneuse
     
    La 11e Coordination nationale des Universités, qui s'est tenue le 3 juin 2009 à l'Université Paris 13, a rassemblé 31 établissements (universités et organismes) et 7 organisations (sociétés savantes, associations et syndicats). L'intervention d'une représentante de la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité a permis de souligner la similitude entre les réformes qui affectent l'ensemble du service public, ainsi que la nécessité de renforcer la convergence des mobilisations.
     
    Motion « Mastérisation »
     
    Ignorant les oppositions fortes qui se sont exprimées depuis plusieurs mois, le gouvernement précipite son projet de réforme du recrutement et de la formation des enseignants du premier et du second degré. Se jouant de la commission de concertation Marois-Filâtre qu'il avait lui-même mise en place, il a fait adopter, dès le 28 mai, en Comité Technique Paritaire Ministériel de l'Éducation Nationale, un arsenal de décrets détaillant les dispositions transitoires et permanentes concernant les conditions de candidature aux concours et de nomination comme fonctionnaire stagiaire. Il rend caducs les travaux de la commission, en fixant de fait le calendrier des concours.
    Ce nouveau manquement au processus démocratique de décision, inspiré par des stratégies cyniques, qui a entraîné les réactions indignées des syndicats, des collectifs, de la CNU, et même de la CPU et des directeurs des Écoles Normales Supérieures et des IUFM, montre que, pour cette réforme aussi, la volonté de concertation affichée par le gouvernement n’est qu'une façade.
     
    Nous déplorons l'abstention de la FSU et du Syndicat Autonome, lors du Comité Technique Paritaire du 28 mai 2009. La CNU appelle à l'unanimité que tous les syndicats votent contre les décrets lors du Conseil Supérieur de la Fonction Publique d'État du 12 juin 2009.
     
    Nous réaffirmons notre opposition à cette réforme qui entraîne notamment :
    ·        l'affaiblissement de la formation disciplinaire et pédagogique des futurs enseignants ;
    ·        la mise en danger des masters recherche dans la plupart des disciplines ;
    ·        l'allongement d'un an de la formation non rémunérée des futurs enseignants ;
    ·        la remise en cause du caractère national du recrutement par concours ;
    ·        la création d'une catégorie des « reçus-collés » (étudiants qui auraient obtenu leur master mais échoué au concours), qui institutionnalisera la précarité, présageant du démantèlement du service public d'enseignement.
     
    Nous appelons les personnels et les composantes à une réponse collective, en multipliant les points d'accord entre UFR et IUFM. Comme cette année, nous appelons à la non-remise des maquettes des masters "métiers de l'enseignement". Forts de notre action commune, nous refusons de collaborer à cette réforme que nous jugeons néfaste pour l'avenir de l'éducation.
     
     
    Motion « Statuts »
     
    La Coordination Nationale des Universités (CNU) s’oppose à la destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche par l’instauration d’une mise en concurrence des personnels de toutes catégories et des établissements d'éducation et de recherche,  préjudiciable à l’action collective au service du savoir et des étudiants.
     
    Elle récuse la réorganisation du ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, l’introduction des règles de management issues du domaine privé et de critères de rentabilité dans l'enseignement supérieur et la recherche, la précarisation systématisée des doctorants par le contrat doctoral unique, la modulation des services instituée par le décret relatif au statut des enseignants-chercheurs, l’approche quantitative de l’activité de recherche, la modulation des rémunérations et les contrats d’objectifs imposés aux personnels BIATOSS et ITA, la multiplication croissante et chronophage des procédures bureaucratiques de contrôle et de demande de financement au détriment de l’activité de tous les personnels de l’Université et des organismes. La CNU dénonce la logique qui anime l'ensemble des réformes relatives aux statuts de la Fonction publique, dans un mépris total des principes qui régissent les biens publics, comme le savoir ou la santé.
     
    La mission humaniste de l'enseignement supérieur et de la recherche réside dans l’élaboration de la connaissance et la transmission du savoir.
     
    Cette mission est menacée par une définition du temps de travail des enseignants-chercheurs qui ignore délibérément le temps nécessairement consacré à la culture, à la réflexion et au renouvellement des savoirs disciplinaires. Elle nécessite une indépendance effective des enseignants-chercheurs, qui doivent pouvoir développer sereinement et librement leurs activités, sans être soumis à une logique productiviste dépourvue de sens en matière d’enseignement et de recherche. Son bon accomplissement est incompatible avec la possibilité d’augmenter les charges de service au détriment de l’activité de recherche,  ainsi qu’avec l’évaluation de la recherche en termes de résultats quantitatifs.
     
    La mission de service public est incompatible avec la vision purement économiste, baptisée « culture du résultat » et imposée à l'ensemble des personnels. Elle est en opposition avec une mission de service public rendu équitablement à tous.  Dans un contexte de raréfaction budgétaire et de répartition des moyens à la performance et à l'activité, la mise en concurrence des agents et des services ne peut que nuire à l'égalité d'accès au savoir sur tout le territoire et à l'intégrité des services. La CNU dénonce plus largement les réformes coordonnées par la Révision Générale des Politiques Publiques, inspirées par une rentabilité à court terme indifférente aux enjeux de société.
     
    En conséquence, la CNU continue d’exiger le retrait de l’ensemble des réformes destructrices de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle réclame l’abrogation de la loi LRU, des décrets relatifs au statut des enseignants-chercheurs, au contrat doctoral unique, au statut des fonctionnaires publics d'État et à la rémunération à la performance, la cessation du processus d’externalisation des tâches administratives et techniques, la restitution des postes supprimés en 2009 et une création massive d'emplois dans l'enseignement supérieur et la recherche publics.
     
     
    Motion « Postes et Moyens »
     
    L'annonce faite par Valérie Pécresse, le 26 mai dernier, de ne supprimer aucun emploi d'enseignant et/ou chercheur en 2010 et en 2011 dans les universités et dans les organismes de recherche ne constitue pas une réponse à la crise que traversent actuellement l'Université et la Recherche publiques, d'autant qu'elle a annoncé, à plusieurs reprises, que des postes de BIATOSS de catégorie C seraient, eux, supprimés. Par son refus de mettre en place un plan pluriannuel de création d'emplois et du fait des incertitudes qui continuent à peser sur le nouveau système d'allocation des moyens à la performance et à l'activité, le gouvernement marque sa volonté délibérée de poursuivre une politique qui vise à affaiblir l'Université, en l'appauvrissant. Il n'apporte pas plus de réponse sur la question de l'amélioration du statut étudiant, alors que les difficultés sociales et économiques constituent l'une des principales causes d'échec dans l'enseignement supérieur.
    Seul un véritable engagement financier de l'État, en direction des établissements et des étudiants, est susceptible d'assurer le rattrapage des moyens alloués aux étudiants d'université, notoirement insuffisants par rapport aux autres filières de l'enseignement supérieur. De ce point de vue, la mise en place de prêts étudiants, l'augmentation des frais d'inscription ou le recours aux fonds privés, si souvent évoqués, ne sont que de fausses solutions, aussi dangereuses qu'inefficaces, qui ne feront qu'accroître les inégalités entre établissements et entre étudiants.
    L'annonce du 26 mai 2009 ne met pas non plus un coup d'arrêt à la casse des organismes publics de recherche. En la matière, la communauté universitaire et scientifique s'alarme du mouvement de « désumérisation » qui affecte nombre d'unités mixtes de recherche (UMR) ; ce mouvement, qui se poursuit dans l'ombre, sans aucune transparence sur son ampleur et sur les critères de décision utilisés par l'administration, participe de l'affaiblissement du lien entre enseignement supérieur et recherche, qui a fait jusqu'à présent la force du système français. Il s'appuie sur une stratégie de division des différents acteurs de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, en promettant aux uns les dépouilles des autres. Nous savons que personne ne gagne à de tels calculs cyniques.
    Notre détermination à défendre simultanément l'Université et les Organismes de recherche dans le cadre d'un service public de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, fondé sur les principes de laïcité et d'indépendance à l'égard des pouvoirs économiques, politiques et religieux, reste entière.
     
     
    Motion « Actions »
     
    Après 17 semaines de grève dans l'Enseignement Supérieur et la Recherche, le gouvernement reste sourd aux revendications légitimes des personnels et des étudiants. Maniant la démagogie, les provocations, les menaces et la désinformation, il a instrumentalisé la question des examens et de la validation de l'année universitaire pour mieux occulter les revendications fondamentales de notre mouvement : la défense et le renforcement d'un véritable service public de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Nous avons démontré notre capacité à préserver les intérêts des étudiants d'aujourd'hui sans sacrifier les étudiants de demain.
     

  • Depuis le moment où le président de la République a annoncé devant les présidents et les recteurs ses projets sur la « mastérisation », il y a un an jour pour jour, le gouvernement n’a eu de cesse de poursuivre ses attaques frontales contre la formation des enseignants et les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM). La volonté du ministère de l’Education Nationale d’imposer et de mettre en œuvre cette réforme dans la précipitation absolue et sans cadrage national, n’a été entamée que par la puissante mobilisation dans les universités avec notamment le refus massif de dépôt des maquettes, qui a permis de repousser une application prévue initialement pour la rentrée 2009.

    Convoqué le 28 mai dernier dans la précipitation, le CTPMEN(2) a émis un avis favorable obtenu par les voix de la seule parité administrative sur les projets de décrets statutaires concernant la formation et le recrutement des enseignants. Cela constitue un passage en force sur ces projets et cela préjuge de l’incidence des auditions par les « groupes de travail » et la commission Marois-Filâtre. Au sein de la FSU, le SNESUP, qui ne siège pas dans ce CTP, a œuvré pour obtenir le boycott de la première réunion du CTPMEN(2) –re-convoqué le lendemain par l’administration sans contrainte de quorum comme le prévoient les textes– et pour obtenir une position commune. Le SNESUP condamne l’ensemble de la méthode utilisée par le gouvernement. Si le texte était appliqué en l’état, ses conséquences sur la formation et le recrutement des maîtres seraient désastreuses tant pour la formation disciplinaire que professionnelle des futurs enseignants que l’avenir des élèves.

    Pour fragiliser l’opposition à ses projets, le gouvernement a instillé, dans les projets de décrets concernant les statuts des personnels, certains reculs tels que le maintien d’un mouvement national pour les certifiés et agrégés et des prérequis spécifiques pour le recrutement des enseignants d’EPS. Le SNESUP dénonce tout autant le saucissonnage de ce dossier, et le travail imposé dans l’urgence. Il dénonce cette méthode politicienne du ministère, incompatible avec la réflexion à grande échelle que nécessite une réforme de cette ampleur ! Ces éléments ont pesé sur certains votes émis par les syndicats de la FSU (abstention sur les statuts d’agrégé et de certifié, refus de vote sur les catégories d’EPS) qui suscitent la réprobation de nombreux acteurs du mouvement dans les universités et les IUFM, au SNESUP, et font débat dans la FSU. Le SNESUP désapprouve ces votes. Il estime que la question de la conception du fédéralisme devra faire l’objet d’un débat approfondi à tous les niveaux de la FSU et notamment lors du prochain Congrès de la FSU de 2010. Le SNESUP, de son côté, rendra publique une contribution au débat préparatoire à l’issue d’une commission administrative nationale.

    Le SNESUP porte une responsabilité singulière sur la question de la formation des enseignants. La réelle élévation des qualifications des enseignants de 1er et 2nd degrés, sous l’angle tant disciplinaire que professionnel, passant par une formation reconnue par un master, est un mandat du SNESUP. Ces formations devront être conçues et mises en œuvre par les universités fondées sur les compétences avérées des UFR et des IUFM -dont le SNESUP dénonce la mise en extinction clairement actée dans les textes présentés au CTPM-. Les analyses sur le fond du SNESUP, en phase avec les universitaires et l’ensemble des formateurs, sur la complexité de la mise en œuvre d’une telle réforme, développées récemment lors de son audition par la commission Marois-Filâtre sont renforcées par la décision des différentes conférences (CPU, CDIUFM, CDUS, CDUL, …) de suspendre en chaîne leur participation aux travaux de la commission Marois-Filâtre si le MEN persiste à maintenir les dispositifs permanents des décrets.

    Le SNESUP rappelle qu’il s’est adressé le 26 Mai à la FSU « pour qu’elle construise une réponse commune et solidaire et pour qu’elle suspende sa participation aux groupes de travail ». La présentation au CTPMEN(2) des projets de décrets rend obsolète et caduc l’ensemble des dispositifs ministériels de « concertation ». Le SNESUP décide, dès ce mardi 2 Juin, de cesser sa participation aux différentes auditions (« groupes de travail », commission Marois-Filâtre) tant que les conditions d’une réelle remise à plat totale de la réforme de la formation et du recrutement ne seront pas réunies.

    Compte tenu de l’ampleur et des enjeux que constitue la « mastérisation », le SNESUP exige la création d’une commission thématique permanente issue du CNESER et du CSE(3), dotée du temps et des moyens lui permettant de mener tous les débats nécessaires avec l’ensemble des organisations syndicales, notamment la FSU, et des acteurs concernés par la formation des enseignants. Il appelle à unifier les ripostes dans les CA, avec les sociétés savantes et les directeurs d’UFR et d’IUFM. 

    Prenant en compte ses propres mandats, la gravité de la réforme Darcos-Pécresse, les intérêts de toutes les catégories et les points de vue des syndicats concernés, la situation politique créée par les annonces massives de suppressions d’emplois dans la fonction publique et l’importance du mouvement d’opposition à cette réforme de la formation des enseignants qui s’est développé dans les universités pendant les quatre derniers mois, le SNESUP travaillera à la construction d’une position commune de la FSU pour le CSFPE(1), du 12 juin, en vote contre.

    Le SNESUP appelle les universitaires à participer nombreux à la Marche de tous les savoirs (Academic Pride) du 4 Juin, et à y exprimer leur refus de voir mise en œuvre entre autres cette réforme de la formation des enseignants et de voir appliquées les suppressions d’emplois prévues dans la fonction publique, qui condamneraient de nombreux jeunes à la précarité.

    Adopté à l’unanimité par le bureau national du SNESUP du 2 juin 2009

    (1) CSFPE : Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’Etat ; (2) CTPMEN : Comité Technique Paritaire Ministériel du Ministère de l’Education Nationale ; (3) CSE : Conseil Supérieur de l’Education

    Dernière minute : Suite à un vœu de la FSU, toutes les organisations syndicales ont quitté la séance de la section syndicale du CSFPE du 2 juin 2009 Numéro 124–2 juin 2009

    Source: http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2682 


  • Les personnels de l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne se sont réunis en Assemblée générale ce mercredi 27 mai 2009 en salle 1 au Centre Panthéon.. 

    Motion n° 1 sur la poursuite du mouvement
    L'Assemblée générale des personnels de l'Université Paris 1, réunie ce mercredi 27 mai 2009, réaffirme sa mobilisation contre l'ensemble des projets gouvernementaux.
    Contre la loi LRU et l'ensemble de ses décrets d'applications, elle appelle à la poursuite de la lutte.
    Motion adoptée à l'unanimité des présents

    Motion n° 2 sur la validation du semestre
    L'Assemblée générale des personnels de l'Université Paris 1 rappelle que la mise en place des épreuves de validation du second semestre se justifie principalement par sa volonté de ne pas léser les étudiants. 
    Pour la même raison, elle appelle les collègues à organiser les délibérations du 1er et du second semestre. 
    2 participants s'abstiennent et 1 ne prend pas part au vote
    Motion adoptée à l'unanimité des votants

    Motion n° 3 sur la mastérisation
    L'Assemblée générale des personnels de l'Université Paris 1appelle à ne pas rédiger les maquettes et confirme, pour les cas où elles existent, le mot d'ordre de ne pas les faire remonter, mot d'ordre dont l'efficacité a été constatée.
    Elle appelle à ne pas soutenir la création de M1 spécifiques de préparation aux concours de l'enseignement, et à renforcer les conditions d'une action concertée, au niveau national comme au niveau local, entre les universités concernées. 
    Notamment, elle propose la rédaction d'un projet de charte associant Paris 1 et Paris 4 en vue de la prochaine Coordination Nationale des Universités. 
    Motion adoptée à l'unanimité des présents

    Motion n° 4 sur l'évaluation
    L'Assemblée générale des personnels de l'Université Paris 1appelle l'ensemble des collègues à ne pas remplir les fiches individuelles qui seraient destinées au CNU pour nourrir l'application de la loi LRU dans ses différentes modalités.
    Elle invite toutes les sections du CNU et tous les collègues qui y siègent à exprimer leur refus de procéder aux évaluations individuelles qui permettraient l'application de la loi LRU et des décrets qui l'accompagnent.
    Elle appelle à signer la pétition relative au refus de participer aux commissions d'évaluation mises en place par l'AERES.
    Elle propose que le thème de l'évaluation fasse l'objet d'un atelier de l'Université d'été de Paris 1 qui aura lieu au mois de septembre 2009. 




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