• Les enjeux de la mastériation

    Quelques bonnes raisons de dénoncer les projets actuels

    de « masterisation » de la formation des enseignants

     

    tract ici 

     

    On nous dit : il faut mettre nos formations aux normes européennes avec un Master à Bac+5 pour tous les futurs enseignants.

    On nous dit : le ministère veut revaloriser la profession d’enseignant.

     

     

    Aujourd’hui, la formation se fait à Bac + 5  ou 6

     

     3 ans (licence)  ou 4 ans (Master 1) pour l’agrégation

    +  1 an de préparation aux concours

    +  1 an avec stages et formation pédagogique pour tous (Professeurs des écoles, Capétiens, Agrégés et Conseillers d’éducation).

     

    Actuellement, les reçus au concours deviennent professeurs-stagiaires pendant un an, qui correspond à 

     

    • 1 stage en responsabilité sur l’année scolaire (deux classes, soit 6 heures hebdomadaires) avec accompagnement d’un professeur-tuteur de l’établissement : observation et prise en main des classes du tuteur, observation du stagiaire par le tuteur, aide à la préparation.
    • 1 stage de pratique accompagnée dans l’autre cycle sur plusieurs semaines: pas de classe en responsabilité mais mêmes modalités de tutorat.

     

    Après une évaluation par des formateurs et inspecteurs (visites et entretiens), la titularisation permet d’obtenir un poste à temps complet l’année suivante.

     

    Demain: formation professionnelle peau de chagrin

     

    Les étudiants suivront un Master « enseignement »

    Chaque université serait libre d’en déterminer le contenu. Il est recommandé d’inclure un (des) stages d’observation mais sans obligation (autonomie des universités oblige après la loi LRU), d’autant qu’il n’y aura pas de prise en charge par les rectorats ni le Ministère (lieux de stage, rémunération des tuteurs).

    Cette formation remet en cause les séjours à l’étranger des futurs professeurs de langue (quand partir si l’on doit faire des stages d’observation/ on doit assister à des cours en France ?)

    Le « concours » aurait lieu en fin de Master 2 

    • Les seules épreuves « nationales » du CAPES qui demeurent seront à l’oral : une épreuve « professionnelle » (=faire un cours) et une épreuve de connaissance du système éducatif français au même coefficient ( !)
    • Cas des langues étrangères: pas d’évaluation sérieuse de la langue orale.
    • Un stage de pratique accompagnée de 8 semaines (sauf agrégation) entre l’écrit et l’oral : Raz de marée dans les établissements scolaires entre février et juin...Y aura-t-il assez de « berceaux » et de tuteurs ? Non.
    • Pas d’évaluation des pratiques de classe
    • Titularisation immédiate après réussite des oraux et un poste complet à la rentrée suivante : 18h hebdomadaires =6 classes, 15h=5 classes, une classe dans le primaire (25h)

    Le tout si et seulement si le candidat est recruté par un rectorat car la réforme prévoit que la réussite au « concours » ne garantit pas nécessairement l’obtention d’un poste

     

    Les conséquences

     

    1)  Une formation professionnelle insuffisante

     

    - Question : La suppression de l’année de formation pédagogique n’est pas sérieuse : 8 semaines de stage pratique en CAPES, pas de stage pour l’agrégation : les agrégés auraient ils la fibre pédagogique innée ?

    - Le ministère : L’université mettra en place des stages d’observation avant le concours pour assurer cette formation pédagogique.

    - Question : Mais ces stages existent déjà pour les étudiants de deuxième et troisième année, et pendant l’année de préparation du CAPES. Suffit-il d’observer pour devenir un bon enseignant ? Il n’y a pas de raison à ce que les élèves servent de cobayes.

    - Le ministère : un « compagnonnage » sera mis en place dans les établissements pour les nouveaux titulaires.

    - Question : Mais avec un temps plein, quand les enseignants trouveront-ils le temps et l’énergie de se former  et d’échanger des bonnes pratiques avec leurs  « compagnons » ?

    - Le ministère : Il y aura de la formation continue tout au long de la vie.

    - Question : Mais pour obtenir un stage de formation continue, un enseignant doit remplacer ses heures de cours. Comment cette formation serait-elle possible ?

     

    2)  Grosses économies d’argent pour le gouvernement

    Aujourd’hui, le stage d’un an est payé ; les stagiaires cotisent pour leur retraite.

     

    • Demain, l’année de stage sera supprimée.

     

    • Demain, les rectorats embaucheront des vacataires sous-payés à la pelle : Pour compenser les milliers de postes de titulaire supprimés, (y compris les titulaires remplaçants ou TZR) on piochera dans le vivier d’étudiants de Master enseignement: « admis-collès » (tous les étudiants ayant obtenu la partie « master » mais non l’oral qui pourront être employés comme vacataires par les chefs d’établissement) Déjà, les rectorats proposent des vacations aux étudiants de deuxième et troisième année.

     

    • Demain, les agrégés sont encouragés à passer à l’université et à déserter les lycées et les collèges (selon le nouveau chantier « PRAG » du gouvernement pour le plan « réussite en licence »).

     

    3 )  Précarisation globale du métier d’enseignant

     

    • La réussite aux concours de l’enseignement ne garantit plus l’obtention d’un poste.

    • Les candidats n’ayant obtenu que la première partie du « concours » constitueront un vivier inépuisable de remplaçants au rabais, payés à l’heure effectuée, révocables du jour au lendemain/ d’un trimestre sur l’autre.

     

    • Avec des collègues de plus en plus précaires, impossible de constituer de véritables équipes pédagogiques, de bâtir des projets sur la durée.

     

    Après-demain

    Nos enfants auront des enQuelques bonnes raisons de dénoncer les projets actuels

    de « masterisation » de la formation des enseignants

     

     

     Après-demain

    Nos enfants auront des enseignants mal formés, précaires et paupérisés. Est-ce l’école publique que nous souhaitons pour eux ?

    * * *

    Pour une vraie défense de la formation, de la maternelle à l’université,

    manifestons ensemble

    mercredi 11 mars 2009 (à Paris : place de la République 14h30)


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