• « Les examens ne font pas tout le savoir… » - L’Humanité, 15 mai

    Des milliers d’étudiants et d’enseignants ont défilé, hier, une nouvelle fois, dans toute la France. Ils dénoncent un gouvernement « irresponsable ».

    La pancarte est accrochée dans le dos, façon album d’Astérix : « Nous sommes en 2009 après J.-C. Toute la France est occupée par les troupes du tzar Kozy. Toute ? Non ! Une ronde infinie d’irréductibles obstinés continue de résister… » Les rodomontades de François Fillon, partisan de la manière forte, n’y auront rien changé. Après quinze semaines de contestation, le monde universitaire s’est de nouveau mobilisé, hier, à l’appel d’une large intersyndicale (1), pour réclamer un moratoire sur les réformes gouvernementales et défendre le service public d’enseignement et de recherche.

    Rupture consommée

    À Paris, quelque 5 000 personnes ont manifesté entre Jussieu et Sèvres-Babylone. Le défilé n’a finalement pas convergé avec celui des personnels hospitaliers, contrairement à ceux de Lille, Lyon, Marseille ou Toulouse. Dans la capitale, ce n’était plus l’affluence des précédents défilés. Rien de plus normal après quatre mois de grève. « Les personnels sont évidemment fatigués, explique Mathieu Brunet, porte-parole de Sauvons l’université (SLU). Et localement, la situation est de plus en plus compliquée avec la question très sérieuse des examens. Mais attention, ce n’est pas parce que les cours ont repris dans beaucoup de facs que cela veut dire que les étudiants sont démobilisés. »

    Stéphane Tassel, le secrétaire général du SNESup, est du même avis : « Nous sommes toujours dans un contexte de lutte et ce n’est pas en comptant le nombre de manifestants que le gouvernement pourra se rassurer. » Dans le cortège, chacun le répète : même si elle ne descend plus aussi nombreuse dans la rue, la communauté universitaire reste largement opposée aux projets de réformes du gouvernement, avec qui la rupture est consommée depuis belle lurette. « Quelle que soit son issue, assure Éric, un étudiant de Paris-VIII, le mouvement a déjà permis aux universitaires de se retrouver dans la défense de valeurs communes, comme le service public, et de décrypter précisément la logique du gouvernement. Même s’il y a une accalmie durant l’été, la contestation de fond, elle, va durer très longtemps. »

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