• Les IUT refusent de faire les frais de leur intégration dans l'université - Le Monde

    Les IUT sont en colère. Leurs directeurs ont manifesté mardi 10 novembre, devant l'Assemblée nationale et le Sénat.

    Reçus par Valérie Pécresse auparavant, ils ont entendu la ministre rappeler son attachement à ces formations technologiques que près de 120 000 étudiants, 10 % des effectifs de l'université, préparent en deux années après le bac : "Les IUT sont un des piliers de notre système d'enseignement supérieur. Ils sont une filière de réussite et cette réussite doit être préservée... L'Etat en sera le garant." Il n'est pas certain que l'entrevue ait dissipé toutes les inquiétudes. En cause, la loi relative aux libertés et responsabilités des universités, LRU. Son application conduit à la pleine intégration des IUT à leurs universités de rattachement. Jusqu'en 2008, ils bénéficiaient de crédits directement attribués par le ministère. En 2009, ils obtiennent leur financement de la direction de l'université, sur la masse du budget global de l'établissement. Et parfois le compte n'y est pas. "Nous avons recensé 59 IUT sur 116 où règnent des situations problématiques, qu'il s'agisse d'absence de maîtrise des heures contractuelles ou de gestion du patrimoine, ou de transfert de postes au bénéfice de l'université de rattachement", regrette Jean-François Mazoin, le président de l'Adiut, association des directeurs d'IUT. Le chiffre est contesté par le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche qui seul parle d'une dizaine de cas litigieux. Il scandalise la conférence des présidents d'université (CPU), qui déclare de son côté que les crédits accordés par les universités aux IUT en 2009 sont constants, voire en hausse.

    Plus encadrée, la formation en IUT coûte en moyenne 9 020 euros par étudiant en IUT, contre 8 970 à l'université, mais 13 880 en classe préparatoire.

    Le conflit actuel traduit l'inquiétude d'une filière d'enseignement, courte et professionalisante, créée en 1966 pour former des cadres intermédiaires faisant la jonction entre la conception et l'exécution des tâches professionnelles. Pour mener à bien leur mission, les IUT ont noué des liens étroits avec le tissu économique régional, accueilli des représentants des entreprises dans leurs conseils d'administration et dans le pilotage de formations construites à partir du référentiel des métiers. La recherche y est souvent technologique, contractualisée avec le milieu économique et irrigue en innovation petites et moyennes entreprises.

    Ces instituts bénéficient d'une excellente image auprès des chefs d'entreprise que 83 % recommanderaient à un jeune (Enquête 2006, ministère de l'éducation nationale) et leurs diplômés s'insèrent bien sur le marché du travail.

    Approches concurrentielles

    Mais leur culture les situe aux antipodes d'une université française qui s'est construite sur une méfiance du milieu économique et de la recherche appliquée. Circonstance aggravante aux yeux de l'université, les IUT se détournent largement de leur mission initiale qui était d'accueillir les bacheliers technologiques.


    La suite ici: http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/11/les-iut-refusent-de-faire-les-frais-de-leur-integration-dans-l-universite_1265697_3224.html 

    Tags Tags : , , ,