• Nicolas Sarkozy: la réforme du lycée, c'est moi ! - C'est classe

    A force, on ne savait plus trop qui s'occupait de la réforme du lycée: Xavier Darcos le ministre ? Richard  Descoings le chargé de mission ?  Benoist Apparu le député qui planche sur un rapport ?, etc. Maintenant au moins c'est clair: Nicolas Sarkozy en personne. Lors d'une visite-surprise dans un lycée de Massy, en banlieue parisienne, il a conduit les débats et donné son avis sur tout. Un vrai chef !

    Le 8 avril, le président avait déjà déboulé sans crier gare, encadré par Xavier Darcos et Richard Descoings, au lycée Champlain de Chennevières (Val de Marne). Il avait notamment philosophé sur les liens inextricables entre le plaisir et l'effort, et vanté l'intérêt des voyages pour les langues (à l'oral surtout).

    Le 20 mai au lycée Parc de Vilgenis à Massy (Essonne), c'était du sérieux. Un signe qui ne trompe pas: le président avait rangé son téléphone portable. En fait, il avait plein de choses à dire. Cela a donné douze sujets vidéos, contre cinq à Champlain,  visibles sur le site de la mission de Richard Descoings. 

    Interrogé par un professeur sur l'absurdité d'avoir voulu réformer d'abord la classe de seconde, indépendamment de la première et de la terminale, Nicolas Sarkozy (voir la vidéo) fait cette confidence: "on a en beaucoup parlé avec Xavier. Je pense que j'ai fait sans doute une erreur de ne pas demander qu'on présente la réforme complètement. Ce n'est pas si facile, je ne suis pas venu vous dire qu'on avait tout réussi".

    Puis comme souvent, il revient sur l'immensité de sa tâche: "le chef d'Etat d'un pays de 65 millions d'habitants ne peut avoir tout ça clair en tête, ne pas faire d'erreurs. Si vous pensez que c'en était une, je ne suis pas loin de penser comme vous".

     Xavier Darcos avait déjà fait un petit mea culpa en visite le 17 février au lycée Robert Doisneau de Corbeil Essonne (voir la photo). Mais là, Nicolas Sarkozy prend tout sur lui: "on pensait à l'origine que c'était une façon apaisée de présenter les changements année après année, mais c'est tellement lié le bloc lycée". Et il conclut modeste: "si vous pensez qu'on a inquiété (les enseignants), là-dessus on peut faire un petit bout de chemin ensemble".

    Pour le reste, le président a donné son avis sur toutes les grandes questions débattues dans le cadre de la mission de consultations de Richard Descoings pour préparer une nouvelle réforme, plus consensuelle (sur la photo, le 7 mai au lycée expérimental d'Hérouville Saint Clair): les  voies technos et pros méprisées, l'absence de passerelles entre les filières, un manque d'ouverture du lycée vers l'entreprise, pas assez d'arts - comme à Champlain, il a regretté qu'on n'ait pas filmé l'exposition "Picasso et les maîtres" pour montrer aux lycéens -, un système d'orientation déficient, etc.

    "Je me demande si dans le cadre de la réforme du lycée, Xavier, il ne faudrait pas qu'on amène quelque chose, une matière qui s'appellerait "orientation" , a-t-il suggéré. Il a regretté que l'information donnée aux lycéens sur les métiers soit trop ponctuelle et limitée: ils recoivent une foule de papiers "qui vous disent tout sauf ce qu'on voudrait savoir. Et ce qu'on voudrait savoir, c'est le salaire moyen, les pourcentages de plein emploi ou pas".

     

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