• Pourquoi j'ai soutenu Erwan Redon, enseignant réfractaire - Rue89

    Erwan Redon, dont vous aviez lu le témoignage sur Rue89 l'an dernier, a été muté d'office par l'Education nationale le 25 septembre 2009 car il fait partie de ce qu'on a pris l'habitude d'appeler les « enseignants désobéisseurs ».

    Hostile à plusieurs réformes impulsées par Xavier Darcos avant l'arrivée de Luc Chatel au ministère, ce prof des écoles marseillais était passé, toute une nuit durant, devant une commission paritaire le 17 septembre. Il avait notamment fait témoigner Jacques Jedwab, psychanalyste. Ce dernier a voulu publier sur Rue89 son éclairage sur cette affaire et le point de vue des profs réfractaires.

    On ne sait pourquoi, mais il arrive que ça change. Quelque chose grippe, quelque chose désobéit. Ou quelqu'un. Peu de choses, peu de gens en vérité, mais cette résistance illumine, comme un éclair, le paysage et permet de voir à travers lui.

    Les inspecteurs « uniformés » d'une Institution forcément gagnante
    J'ai rencontré Erwan Redon dans le courant de l'année. Il avait dans sa classe un enfant que je recevais au CMPP, centre médico-psycho-pédagogique. Cet enfant participait à la classe mais ne pouvait rien produire et se détournait dès qu'il s'agissait d'écrire. Erwan m'a demandé de témoigner en sa faveur devant la commission de l'inspection d'académie.

    Je suis allé deux fois comme témoin à l'Inspection d'académie boulevard Nedelec, à Marseille. En juillet, la commission avait débuté le matin. En septembre à trois heures l'après-midi.

    Le groupe qui assistait Erwan est parti avec lui dans un couloir dissimulé par une porte à battants. Ils étaient nerveux. La partie adverse est passée aussi, un groupe d'inspecteurs « uniformés » d'un costume gris, cravatés comme des cadres anonymes les cadres d'une société. Ou d'une banque, « les banquiers gris de la République ».

    Tout l'art du mépris, comme Dieu, gît dans le détail. Nous sommes restés de trois heures de l'après-midi à une heure du matin. Nous sommes restés là dans un inconfort total, sans que personne ne s'avise de nous faire parvenir quelque chose à manger ni ne vienne nous demander si nous n'avions besoin de rien. Les témoins de la partie adverse ont eu droit à une salle pour eux, séparés de nous. Pourtant, comme eux, nous étions là pour permettre à la commission disciplinaire de statuer en toute connaissance et conscience.


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