• "Pourquoi nous quittons l’Unef "- Lettre ouverte des étudiants quittant le syndicat UNEF de Nantes

    Alors que l’Université de Nantes rejoint la ronde des 33 universités autonomes, nous nous sommes retrouvés dans l’obligation de quitter le premier syndicat étudiant de France, l’Unef. Décision délicate à prendre, surtout en ces temps où les étudiants ont plus que jamais besoin d’être protégés contre les politiques du gouvernement. Mais si nous quittons l’Unef, nous le faisons par conviction. Notre engagement au sein de cette organisation a été entier et sincère. Beaucoup d’entre nous se sont battus et se sont investis sans compter pour ce syndicat. Le départ n’en est que plus amer. Néanmoins, nous ne pouvons que constater que la rupture est consommée entre une équipe militante locale forte d’un bilan d’activité bien rempli, et une direction nationale toujours plus ambiguë quant à son orientation.

    L’Unef, première organisation étudiante de France, victorieuse durant la bataille contre le CPE paie aujourd’hui des choix stratégiques qui la coupe toujours un peu plus de la majorité des étudiants. Soutien timide lors de la mobilisation contre la LRU en 2007 et absence totale de prise de position sur les questions étudiantes lors du mouvement de 2009 font que beaucoup d’étudiants doutent de l’utilité de l’action collective au sein de cette organisation. Personne ne leur jettera la pierre, surtout lorsque le président de cette dernière assène cette phrase terrible : « Personne à l’Unef n’est contre la LRU ! Ni à Nantes, ni ailleurs ! »

    Alors, pourquoi se bat l’Unef aujourd’hui ? Quelle vocation a à exister un syndicat majoritaire lorsque ses prises de position vont à l’encontre des aspirations des étudiants ?

    Les victoires symboliques qu’a pu obtenir ce syndicat ne sont plus que des lointains souvenirs. Pour preuve, l’allocation d’étude obtenue par l’Unef en 1999 permettait aux étudiants indépendants fiscalement de leurs parents de bénéficier d’une aide mensuelle pour étudier. Ce système a été supprimé en 2008 au profit d’un nouveau, beaucoup plus contraignant pour les étudiants, et dont l’esprit change radicalement.

    Alors qu’en 1999, le Gouvernement entendait aider les étudiants dans l’obligation de se salarier à baisser leur nombre d’heures en les accompagnant financièrement, le nouveau texte met les étudiants indépendants dans l’obligation de se salarier davantage. Or, l’Unef n’a pas protesté lors de la mise en place de ce nouveau dispositif. Cet exemple est frappant, car l’allocation d’étude est la dernière chose qu’a gagné l’Unef nationalement pour les étudiants. Lors de sa suppression, aucune campagne n’a été lancée pour le maintien de ce système.

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