• Réflexions autour du débat "La médiatisation du mouvement universitaire"

    Le débat "La médiatisation du mouvement universitaire", animé par André Gunthert (EHESS), s’est déroulée en deux temps. Le premier volet a été consacré à un examen des conditions et modalités de la médiatisation du mouvement universitaire, réflexion à laquelle étaient conviés un certain nombre de journalistes des médias nationaux (Luc Cédelle pour Le Monde, Ixchel Delaporte pour l’Humanité, Sylvestre Huet pour Libération) et d’un nouveau média diffusé sur internet (Jade Lindgaard de Mediapart), auxquels s’étaient joints une universitaire (Valérie Robert de SLU) et un enseignant-chercheur de l’EHESS (Cyril Lemieux). Il s’agissait de faire retour sur les difficultés et les insatisfactions à la fois des membres de la communauté universitaire mais également des journalistes eux-mêmes au sujet de la couverture médiatique du mouvement universitaire. Le second volet, auquel ont pris part deux universitaires (Sophie Pène et Olivier Ertzcheid) a permis de dresser un premier bilan de la montée en puissance, parmi la communauté universitaire, de l’usage des nouvelles technologies d’information et de communication (NTIC), à des fins d’échanges d’informations et de coordination des actions que le caractère décentralisé du mouvement anti-LRU rendait nécessaire et comme un moyen d’expression autonome de la communauté universitaire mobilisée sur des questions qui la concernent au plus près. (On trouvera les principaux extraits des interventions audio des participants cités sur le site SLRU-EHESS à la rubrique "podcasts". Un des intervenants a présenté sa propre analyse du débat. A consulter également l’article de Régis Soubrouillard, de Marianne.)

    La dérive des professions

    En introduction à la séance, Cyril Lemieux a présenté un aperçu du mouvement d’éloignement réciproque constaté depuis le début du XXe siècle entre ces trois professions que sont celles de scientifique en sciences humaines et sociales, de journaliste et de politique. La professionnalisation des deux dernières dans des filières spécifiques, distinctes des humanités, aurait contribué à cette prise de distance croissante par rapport au milieu de la recherche qui a fini par se traduire par une mauvaise connaissance de celui-ci. Par ailleurs, eu égard à la situation du mouvement actuel, la couverture du mouvement par des journalistes polyvalents, non spécialistes du sujet, les aurait rendus plus dépendants pour leur propre information des sources officielles faute d’un développement de réseaux d’informations autonomes. Ce qui soumet l’agenda des journalistes à celui des politiques. Un point important souligné par C. Lemieux est l’absence de relais exercé par le milieu politique de la controverse générée par le mouvement universitaire autour des réformes de la formation des maîtres et de l’enseignement supérieur. Ce qui n’a pas favorisé le travail des journalistes qui n’ont pas trouvé là un espace déjà structuré par la variété des points de vue émergents sur cette question qu’ils auraient pu à leur tour commenter et analyser. Il y a là une responsabilité du monde politique et notamment des partis d’opposition. C’est un signe patent de l’éloignement de ces mondes les uns par rapport aux autres.

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