• Ultima verba - Vincent

                                                             ULTIMA VERBA                                                        

                                                                Quand même grandirait l'abjection médiatique

    A ce point d'encenser tous leurs discours trompeurs ;

    Quand « Le Monde » lui-même adhérant à leur clique

    Dirait à ses lecteurs : - Fini! nous avons peur !

     

    Quand même nous serions comme la feuille morte,

    Quand, pour plaire au MEDEF, on nous renîrait tous ;

    Quand le chercheur, maudit, fuirait de porte en porte,

    Son honneur déchiré comme un haillon aux clous ;

     

    Quand la force casquée refusant qu’on proteste,

    Bannirait les bannis, chasserait  les chassés ;

    Quand même, infâme aussi, lâche comme le reste,

    Le badaud cracherait sur nos livres froissés ;

     

    Nous ne fléchirons pas ! Sans plainte dans la bouche,

    Calmes et résolus, dédaignant  le troupeau,

    Nous nous battrons pour vous dans ce combat farouche,

    Liberté, notre autel !Savoir, notre drapeau !

     

    Mes nobles compagnons, poursuivez votre lutte;

    Chercheurs, la République est  là qui nous unit.

    Nous sommes honorés de toutes leurs insultes ;

    L’opprobre est attaché  à ce qu’ils ont béni!

     

    Nous serons, sous le sac de cendre qui nous couvre,

    La voix qui dit : jamais! la bouche qui dit : non !

    Même si leurs valets ne veulent pas qu’on l’ouvre,

    Nous leur répliquerons de notre cabanon.

     

    Devant les trahisons et les têtes courbées,

    Nous lèverons les bras, indignés, mais sereins.

    Nous redresserons haut la Sorbonne tombée,

    Ses statues de lumière et ses piliers d'airain !

     

    Nous serons toujours là si le mépris persiste,

    Ô Université nous t’aimerons toujours,

    Nous gardons en nos cœurs l’éclat de tes artistes,

    Honneur de nos aïeux, objet de nos amours !

     

     

    Nous ne cèderons pas à l’appât qui nous tente,

    Pécresse ! Avec ta loi, nous abdiquerions tout.

    Parmi les réprouvés nous planterons la tente :

    Nous resterons proscrits, voulant rester debout.

     

    Poursuivons le combat, n'eût-il ni fin ni terme,

    Sans chercher à savoir et  sans considérer

    Si quelqu'un a plié qu'on aurait cru plus ferme,

    Et si plusieurs s'en vont qui devraient demeurer.

     

    Si l'on n'est plus que mille, eh bien, j'en suis ! Si même

    Ils ne sont plus que cent, je brave encor leurs lois;

    S'il en demeure dix, je serai le dixième ;

    Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là !

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