• Universitaires de toute l'Europe, unissez-vous ! - C'est classe 1 juin

    Connaissez-vous la "MOC" ? Dans la novlangue européenne, cela veut dire "Méthode Ouverte de Coordination": on fixe des objectifs - tant de diplômés du supérieur par exemple - et chaque Etat essaie d'être le meilleur. Pour ses détracteurs, c'est une "Méthode Opaque de Convergence" qui détruit  l'université à petit feu. Le débat est ouvert.

    Douze syndicats et associations - Attac, Sauvons l'Université (SLU), Sauvons la Recherche (SLR), le  Snesup, l'Unef, etc - organisaient le 30 mai une journée de rencontres européennes sur le thème de l'université. LeCentQuatre, nouveau haut lieu artistique de la capitale - de beaux bâtiments rénovés mais plutôt vides -, leur avait fourni gracieusement un amphithéâtre.

    L'objectif des organisateurs: préparer un contre-sommet européen au printemps 2010"pour une autre Europe du savoir" (contact). A l'approche des élections européennes, l'université veut aussi s'inviter dans la campagne. Elle lance d'ailleurs d'autres actions cette semaine, notamment l'appel de la Ronde des obstinés aux candidats.

    L'intérêt d'une telle initiative est double: prendre du recul par rapport à des réformes qui, complexes aux yeux du non-initié, semblent souvent illisibles et dépasser le cadre franco-français.

    De nombreux mouvements - jeunes, étudiants, enseignants, etc - traversent l'Europe. Et l'on constate que si les situations diffèrent, les réformes vont dans le même sens, avec les mêmes menaces : privatisation rampante, précarisation grandissante, rôle toujours plus grand de l'évaluation, de la rentabilité avec la gestion manageriale de l'université, etc.

    L'inconvénient est que l'on resort de ces débats avec un grand spleen. Avant un exposé très érudit sur l'université au fil des siècles, l'historien Michel Blay a ainsi débuté: "nous sommes dans les anciennes Pompes funèbres générales"... C'est vrai mais d'entrée de jeu, ça plombe un peu l'ambiance.

     

    Clair et incisif, le sociologue Christian Laval a démonté la logique insidieuse, selon lui, des réformes qui se mettent en place en France et en Europe, "une révolution silencieuse, qui se cache et qui se fait par étapes, qui ne concerne pas seulement l'enseignement supérieur et la recherche mais la maternelle jusqu'à l'université, y compris la formation permanente".

    Tout commence avec l'appel de la Sorbonne en mai 1998, explique-t-il. Quatre pays européens disent vouloir construire une "Europe du savoir" pour faire pièce à l'Europe des banques et du tout-économie.

    En 1999, le processus de Bologne (lire la déclaration commune des ministres) introduit le LMD (licence-master-doctorat) pour harmoniser les systèmes d'enseignement.


    La suite sur le blog de Véronique Soulé: http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2009/06/universitaires-de-toute-leurope-unissezvous-.html 

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