• UNIVERSITÉ - Un kamikaze à la Sorbonne - Le Point (modifié le 26 mai)

    Le président de Paris-IV, Georges Molinié, a pris la tête de la fronde des enseignants-chercheurs.

    Il est celui « qui a eu le moins peur de dire ce qui se passait ». C’est du moins lui qui le dit ! Lui ? Georges Molinié, professeur de linguistique, spécialiste du Grand Siècle et président de Paris-IV, la vieille Sorbonne, gardienne de la tradition d’indépendance de l’Université. Alors que le mouvement de grève des enseignants-chercheurs entre dans sa 16e semaine, que les examens, s’ils se déroulent, évalueront la compréhension de cours qui n’ont pas eu lieu, les regards se tournent vers la vieille dame du Quartier latin, symbole de cette lutte interminable à laquelle personne ne comprend rien.

    Le parcours sinueux de ce président qui prétend incarner aujourd’hui l’opposition au gouvernement n’aidera pas à y voir clair. Issu d’un milieu catholique et conservateur, il a longtemps fait partie du syndicat de droite Autonomesup, avant de virer sa cuti en 1998. Son ambition est d’accéder à la présidence de Paris-IV et un premier combat l’oppose à Jean-Robert Pitte : « Il a sans doute pensé accroître ses chances en se rapprochant de la gauche qui venait d’arriver aux affaires », estime Dominique Barjot, secrétaire général de la section Lettres-Sciences humaines d’Autonomesup. Cette tactique permet à Georges Molinié de s’imposer, mais, à l’époque, les présidents ne peuvent se représenter. Jean-Robert Pitte lui succède donc en 2003. Ouvertement de droite, il défend le CPE du gouvernement Villepin et réclame la sélection des étudiants à l’entrée en licence. En 2008, Molinié l’emporte à nouveau grâce à un front anti-Pitte hétéroclite et le soutien des étudiants. Son programme ? « Cela dépend de son interlocuteur », estime Dominique Barjot. A propos de la LRU, la loi instaurant l’autonomie des universités adoptée en 2007, le nouveau président se déclare réservé, mais « légaliste ». En juillet 2008, il s’engage, dans un document destiné au ministère, à tout faire pour que Paris-IV passe à l’autonomie en janvier 2010 : « Il faut surmonter de nombreuses rigidités [...] tant du côté des personnels administratifs que des enseignants-chercheurs. L’équipe dirigeante de l’université a cependant une conscience très nette de l’importance des enjeux [...] , avec pour objectif d’y parvenir au 31 décembre 2009. » Que s’est-il donc passé pour que six mois plus tard, en février, Georges Molinié mette le feu à l’amphi Richelieu de la Sorbonne en dénonçant « les plus graves coups portés à l’école de la République depuis Vichy » ? « Je le connaissais bien, soupire l’un de ses collègues présidents d’université. Ce n’est plus le même homme. »

    La responsable a un nom barbare : la mastérisation. Il s’agit d’une réforme qui élève le niveau de diplôme requis pour devenir enseignant de bac +3 minimum à bac + 5. 

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