• Universités : le «fundraising» à la peine - Le Figaro

    Les fondations ont récolté 60 millions d'euros, une paille par rapport au budget de l'enseignement supérieur.

    Un an et demi après la parution, en avril 2008 du décret créant les fondations universitaires, dix-neuf projets ont été concrétisés et vingt-huit autres fondations sont en cours de constitution. Au total, selon le ministère de l'Enseignement supérieur, ces fondations auraient levé près de 60 millions d'euros, une somme bien mince, à comparer à l'enveloppe de 24,16 milliards d'euros destinée par l'État en 2009 à l'enseignement supérieur et à la recherche. La plupart en sont encore aux balbutiements et subissent surtout de plein fouet les conséquences de la crise financière. «Certaines entreprises se disent intéressées, mais les promesses sont modestes pour 2010. Le ralentissement est très net. On évoque plutôt 2012», observe Jean-Yves Samson, directeur des opérations du cabinet de fundraising Philantrôpia en France. Présidente de l'association française des fundraisers, Yaël Aferias observe également que «beaucoup de rendez-vous avec des prospects sont reportés». D'autant plus que les entreprises sont très sollicitées, entre les nouvelles fondations universitaires, celles des grandes écoles, sans compter les différents organismes axés sur la solidarité, le culturel ou l'environnement.

    Bref, la concurrence est rude. Au ministère, on fait remarquer que les grèves et manifestations, l'an dernier, n'ont pas non plus aidé les présidents à se concentrer sur cette activité, jugée parfois annexe. Difficile donc pour les universités de récolter des fonds alors que le fundraising est relativement nouveau en France. À part HEC et l'Essec, qui réussissent à débloquer des sommes conséquentes, les universités commencent tout juste. «Le processus va être long, mais sera profitable», prévient toutefois John Duschinsky, fondateur du cabinet international Be the change. L'université anglaise de Manchester est ainsi passée en quinze ans de zéro à cent millions d'euros récoltés par an. Ce type d'exemple attire l'intérêt des responsables universitaires français, au point qu'ils sont une quarantaine, désormais, à s'inscrire aux sessions de formation au fundraising délivrées plusieurs fois dans l'année contre deux personnes, il y a quatre ans… L'enjeu reste cependant aujourd'hui essentiellement «symbolique», reconnaît-on au ministère de l'Enseigment supérieur. Une récolte de trois millions via une fondation par rapport à un budget public de trois cents millions pour une université ne modifie pas la façon de fonctionner, mais «c'est énorme pour son image dans le territoire, auprès des particuliers et des entreprises».

    Mécènes passionnés
    Les universités scientifiques qui décrochent la quasi-totalité des contrats de recherche sont bien sûr les plus en pointe quand il s'agit de récolter des fonds. Aujourd'hui, Toulouse-I, grâce à son école d'économie mondialement réputée est tirée vers le haut. Seule exception à la règle, une université de sciences humaines, Montpellier-III, récolte des fonds pour créer le premier dictionnaire de hiéroglyphes français-ancien égyptien. Un sujet d'érudit susceptible néanmoins d'attirer des mécènes passionnés d'Égypte. Les universités de province, surtout, ont su mobiliser les PME locales, mais les grands groupes sont aussi présents. Certaines affichent un «palmarès» impressionnant, même si à quelques exceptions près, les investissements se comptent plutôt en milliers d'euros.



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