L'agenda de la grève à la Sorbonne : conférences, actions, évènements
Sur la photo d'un amphi le la Sorbonne en lutte parue dans Libé du 17 mai, on ne voit quasiment que des filles. Ce qui illustre l'analyse de Philippe Mahrer, directeur du Collège des Ingénieurs et membre de la Commission université emploi. Selon lui, c'est la « masterisation » qui a fait basculer les étudiants - surtout des étudiantes - dans un mouvement lancé par les profs. Parce que la formation des maîtres se joue dans les facs de lettres, et qu'elle concerne essentiellement les filles : d'après Mahrer, elles représentent 80 % des enseignants du Primaire, et 70 % dans le Secondaire. Le Mirail, la Sorbonne et les autres fac en pointe de la grève étaient des fiefs de futures enseignantes révoltées qu'on escamote leur période de formation en alternance - via la « masterisation » - , pour des économies de bouts de chandelles .
« Une licence à Pau et une licence à la Sorbonne c'est la même chose. »
Mais au fil des semaines les mots d'ordre des blocages ont dévié vers une « lutte » pour un idéal plus flou, porté par les grafs comme « Grèce générale » et « rave générale ». Rêve d'un monde platonicien voué à la culture, qui serait sans contraintes, où la compétition n'existe pas, ni l'évaluation donc. Où l'on ne calcule pas ce qu'on dépense pour la formation, parce que la formation ça n'a pas de prix.