L'agenda de la grève à la Sorbonne : conférences, actions, évènements
Un des points de crispation du mouvement universitaire concerne la “mastérisation”. Un mot un peu barbare qui désigne la réforme de la formation des professeurs, de la maternelle à la terminale. Elise Mignot, maître de conférences en anglais à Paris IV, a accepté de me retrouver ce matin pour décrypter les nouvelles modalités de cette formation.
1 - La réforme du concours, indépendante de la mastérisation. A l’heure actuelle, la préparation du concours de professeur des écoles (CRPE) ou de professeur du secondaire (Capes) se prépare après après la licence (bac +4). “C’est une année très exigeante du point de vue de l’acquisition des connaissances”, selon Elise Mignot. Dans le nouveau concours du Capes, explique-t-elle, la part des connaissances disciplinaires testées sera réduite. Par exemple, en anglais, il n’y aura plus qu’un tiers à un quart des épreuves qui porteront sur l’anglais (littérature des pays anglophones, civilisation, connaissance de la grammaire…). A la place, les étudiants seront testés sur la “didactique”, c’est-à dire la capacité à enseigner, et sur “la connaissance du système éducatif” (qu’est-ce qu’un proviseur, qu’est-ce un CPE, etc.) A l’oral, ajoute-t-elle, il n’y aura plus d’épreuve disciplinaire. “Cela pose un problème particulier pour les langues vivantes ou pour des matières comme la musique car désormais on pourra obtenir son Capes d’anglais sans que personne ne vous ait entendu parler la langue”, souligne la maître de conf’ avant d’ajouter : “Pour nous, ça signifie une baisse du niveau. On n’envisage pas l’enseignant comme quelqu’un qui transmet un savoir mais comme quelqu’un qui vient garder les enfants. C’est choquant pour les enseignants, les enfants et les parents.”
2 - La mastérisation désigne la création d’un master d’enseignement (bac +5), une filière spécificique dont le débouché est le concours (CRPE ou Capes). Plusieurs cas de figure se posent.
3 - Une question de temps. La réforme de la mastérisation devait initialement être appliquée dès la rentrée 2010. Mais jugeant qu’ils n’adhéraient pas au projet présenté et qu’il était impossible dans un temps si court de se réorganiser, des universités ont refusé de rendre au ministère leurs “maquettes”, c’est-à-dire la présentation de l’organisation du diplôme. Finalement, Xavier Darcos, le ministre de l’éducation, a laissé les concours d’enseignement en l’état pour 2010 tout en confirmant la suppression de l’année en alternance et le lien avec un master. Le problème, c’est que le master ne sera pas créé en 2010 puisque les universiatires n’ont pas rendu leurs maquettes. Pour Elise Mignot, “le ‘pseudo-recul’ de Darcos créé encore plus de confusion qu’au départ”.
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